OUA – UA MAI 1963 – MAI 2023: quel bilan 60 ans plus tard ?
Mai 1963 Mai 2023, voici 60 ans que les africains ont décidé de se mettre ensemble pour ne former qu’une seule entité. De l’OUA à l’UA, beaucoup d’eau a coulé. Mais est-ce que pour autant on peut parler d’une Afrique Unie dans le sens propre du terme ? Quel bilan 60 ans plus tard ?
À l’actif de l’UA, on peut noter la fin officielle de la colonisation manifestée par l’envie de se rassembler autour d’une même organisation, et plusieurs années plus tard, l’idée de la mise en place d’une zone de libre échange continental africain (ZLECAF). Mais retournons un peu en arrière pour voir ce que voulaient les pères fondateurs. Un certain 25 mai 1963, naissait l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), en Éthiopie, plus précisément à Addis Abeba. La création de l’OUA a été possible grâce aux efforts de 32 États réunis en congrès et déterminés à poser les jalons d’une union politique et économique de l’Afrique, et ce dès les lendemains des indépendances des pays du continent. La souveraineté de nouveaux États indépendants rimait ainsi avec l’unité du continent. Ce rêve porté par les Kuame Nkrumah, Modibo Keita, ou encore Sekou Touré fera face à plusieurs obstacles malgré le passage de l’organisation de l’unité africaine (OUA) à l’union Africaine (UA).
60 ans plus tard, cette ambition continue de suscité beaucoup d’espoir auprès des jeunes nations africaines. Mais force est de constater qu’en lieu et place de l’unité, le continent continue d’être Balkanisé ; pour ne pas dire « somalisé ». Oui ceci n’est pas un fruit de hasard. La Somalie a été l’une des premières victimes du morcellement du continent. En février-mars 1991, il y a donc plus d’un quart de siècle, le pays a cessé d’être un État. Mais plusieurs morceaux de terres administrées chacune à sa façon.
La même année, c’est l’Érythrée qui s’arrache de l’Éthiopie. Et 2 ans plus tard en Mai 1993, le pays est reconnu par les nations unies. Comme si cela ne suffisait pas, le 9 juillet 2011, le Soudan du sud voit le jour en se détachant du Soudan, avec la bénédiction des États-Unis d’Amérique sous le regard impuissant de l’Union africaine.
L’évolution du temps semble avoir dénaturé l’Union africaine de son sens originel. L’ambition d’unité fait partie des vocations initiales du panafricanisme, qui traduisait, d’ailleurs, l’ambition d’un gouvernement africain, selon la vision du président ghanéen de l’époque, Kwame Nkrumah, dans son credo « Un gouvernement de l’Union pour une Afrique unie ». Les positions de l’Union sur les velléités souverainistes de certains pays comme le Mali d’Assimi Goïta ou encore le Burkina Faso dans l’histoire récente laisse percevoir que l’Union s’est davantage éloigné du panafricanisme.
L’idée du panafricanisme comme seule voie d’unité pour le continent a même été portée à nouveau par certains leaders africains comme le Colonel Muammar Kadhafi (un des chantres contemporains des « États-Unis d’Afrique), mais lui aussi s’est vu décapité en octobre 2011 avec comme toujours la bénédiction de certains de ses pairs africains.
Mais comment en vouloir à une organisation qui 60 années après sa création dépend encore et fortement des financements extérieurs. C’est le lieu de faire un clin d’œil à l’union européenne. Et de se dire que l’échec l’unité africaine du point de vu institutionnelle est palpable. L’Union des peuples peut-elle changer la donne ? La question reste posée
