LA DOLLARISATION , UN BLOCUS A L’ÉPANOUISSEMENT ECONOMIQUE AFRICAIN

Lors du sommet interministériel Russie-Afrique qui s’est tenu les 9 et 10 novembre 2024 à Sotchi, une cinquantaine de délégations africaines se sont retrouvées pour discuter des défis économiques du continent et des nouvelles opportunités offertes par des partenariats stratégiques. Parmi les intervenants, le ministre coordinateur des grands travaux à la présidence de la République Centrafricaine, Pascal Bida Koyagbéle, a marqué les esprits en dénonçant vigoureusement les effets néfastes de la dollarisation sur les économies africaines. Ses propos, francs et sans ambiguïté, ont mis en lumière une réalité souvent négligée dans les discussions internationales sur la finance mondiale : le rôle écrasant du dollar américain dans les échanges économiques et les limitations qu’il impose aux pays en développement, notamment en Afrique.

Non moins que l’un des plus proches collaborateurs du président Faustin Archange Touadera, chef de l’État, le ministre Koyagbéle a ouvertement qualifié le système basé sur le dollar de « diktat », soulignant que l’absence de contrôle direct sur cette monnaie mondiale empêche les nations africaines de véritablement prendre en main leur développement économique. Selon lui, « On n’a aucune emprise sur cette monnaie qui évolue et fluctue selon les intérêts qui sont étrangers à nos acteurs économiques ». Cette affirmation met en exergue un problème crucial pour de nombreux pays africains qui dépendent de la stabilité du dollar pour leurs transactions internationales. En effet, les fluctuations de cette monnaie, souvent influencées par des décisions prises dans des pays dont les priorités sont loin d’être celles des nations africaines, représentent un risque systémique pour les économies locales.

Sans aller de main morte, Koyagbéle a enchaîné en soulignant que ce système engendre de « nombreuses restrictions et contraintes », rendant difficile, voire impossible, le développement autonome des économies africaines. En raison de l’absence de maîtrise sur les flux financiers internationaux, les pays du continent sont continuellement exposés aux vulnérabilités du marché mondial, où les décisions des grandes puissances financières et économiques peuvent avoir des effets dévastateurs sur les économies africaines.

Une Alternative Prometteuse : Le Système de Paiement Indépendant de la Russie

Face à ce constat, le ministre de la République Centrafricaine a salué les efforts de la Russie lors du derniers sommet de kazan pour promouvoir un système de paiement indépendant, visant la dedollarisation dans les échanges internationaux. Cette proposition rejoint la dynamique mise en place par les BRICS+, l’alliance dont plusieurs pays africain ont déjà fait leur entrée à l’instar de l’Égypte et de l’Éthiopie en qualité de membres partenaires.

« Nous aspirons aussi tout autant que la Russie et les BRICS ainsi que tous les pays d’Afrique, à l’avènement d’un nouveau monde dont l’Afrique serait partie prenante », a-t-il martelé Pascal Bida Koyagbele. Cette déclaration, laisse clairement découvrir que l’instauration d’une nouvelle monnaie et d’un système financier alternatif pourrait permettre à l’Afrique de se libérer de la domination monétaire du dollar et de retrouver une autonomie essentielle pour son développement économique.

Le BRICS Pay, Une Réponse à la Dollarisation

L’une des propositions les plus attendues dans ce cadre est le lancement du système de paiement BRICS Pay, qui pourrait devenir un instrument clé pour réduire la dépendance au dollar dans les échanges internationaux. Cette initiative, qui s’inscrit dans la volonté des BRICS d’édifier une économie mondiale multipolaire, offrirait aux pays membres la possibilité de mener des transactions dans leurs propres monnaies nationales ou dans une nouvelle devise collective, limitant ainsi le rôle du dollar dans les relations commerciales.

Les propos de Pascal Bida Koyagbéle sont d’une grande pertinence, car ils soulignent un problème fondamental auquel l’Afrique est confrontée depuis des décennies : la soumission de ses économies à un système financier mondial qui ne répond pas à ses besoins et qui ne contribue qu’à le spolier considérablement.

En soutenant des alternatives comme le système de paiement BRICS Pay, les pays africains, notamment le Centrafrique pourraient prendre un tournant stratégique pour redéfinir leur place dans l’économie mondiale. Le combat contre la dollarisation, bien qu’ambitieux, est devenu plus que jamais une priorité pour les nations du continent, qui aspirent à un monde économique plus juste, plus diversifié et plus indépendant.

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