GABON / PRESIDENTIELLE 2025 : CLAIR-OBSCUR SUR UNE CANDIDATURE D’OLINGUI NGUEMA
Peut-on organiser la messe et être être absent le jour de l’homélie. Cette interrogation semble revenir avec acuité dans les chaumières au moment où un peu plus de 860000 Gabonais se dirigent dans les bureaux de vote ce samedi pour dire « oui » ou « non » à la nouvelle constitution qui est l’émanation du récent Dialogue national politique institué par le General Brice Clotaire Olingui Nguema, arrivé au pouvoir en août 2023, renversant Ali Bongo.
Les gabonais ayant eu la possibilité d’être parmi les votants, auront la responsabilité d’approuver ou de marquer leur désapprobation sur ce projet de nouvelle loi fondamentale qui apporte des amendements. Cela étant, une avalanche de supputations s’emparent de l’opinion qui s’interroge quant à la position du Général Brice Clotaire Olingui Nguema pour la présidentielle d’août 2025 qui approche à grands pas. Le moins que l’on puissent dire, il s’est taillé une attitude qui suscite de l’inquiétude dans la classe politique. Sera t-il candidat à cette élection prochaine ? Celui qui règne à Libreville depuis plus d’un an déjà ne dit ni non ni oui. Mais cette attitude est loin d’être trompeuse pour un nombre non négligeable d’analystes politiques qui ont eu à scruter les comportements de certaines formations politiques qui en plus d’avoir salué les réformes entreprises par l’intéressé n’ont pas loupé l’occasion de signifier que si jamais l’homme du 30 août 2023 faisait acte de candidature, elles le soutiendraient. C’est d’ailleurs le cas du Rassemblement pour la Démocratie et la Liberté porté par Alexandre Barro Chambrier.
Aussi convient-il de souligner, le nouveau projet de loi du Gabon prévoit notamment un régime présidentiel avec un mandat de sept ans renouvelable une seule fois à la place du régime semi-parlementaire en vigueur. Les opposants au texte dénoncent un texte taillé sur mesure pour le nouvel homme fort du pouvoir, tandis que ses partisans disent qu’il faut aller de l’avant en votant ‘oui’ pour l’adoption. Aussi, le président de la transition pourrait se heurter à une entrave importante. Selon un article de la constitution, le candidat à la présidentielle ne devrait pas être polygame. Au cas où il voudra faire acte de candidature, va-t-il résilier son acte de mariage avec l’une de ses épouses. Situation épouvantable !
Olingui Nguéma, depuis son arrivée pouvoir s’est arrangé à rembourser une grande partie des dettes publiques laisser par l’ancien régime d’Ali Bongo. Sur le plan institutionnel et administratif, non sans oublier le plan infrastructurel, l’officier supérieur s’est battu autant que faire se peut pour une réforme. Toutefois, même si tout cela se range à son actif, sera-t-il aisément accueilli comme candidat à la présidentielle ? Le feuilleton semble encore très long pour en savoir plus sur l’issue.
