L’ARABIE SAOUDITE CONVIE LA RUSSIE ET LES ÉTATS-UNIS POUR UN ACCORD SUR L’UKRAINE

Ce mardi 18 février 2025, les délégations russe et américaine se sont rencontrés à Riyad, capitale saoudienne, pour des pourparlers considérés comme cruciaux dans un contexte international marqué par des tensions persistantes. Ces discussions, organisées sous médiation saoudienne, visent à aborder des dossiers épineux tels que le contrôle des armements nucléaires, les conflits régionaux (Ukraine, Syrie), et la stabilité énergétique.

En rappel, les relations entre Moscou et Washington traversent une période de glaciation depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, suivie des accusations d’ingérence russe dans les élections américaines de 2016, des cyberattaques présumées, et de la guerre en Ukraine, déclenchée en février 2022. Malgré un dialogue sporadique, notamment sur le traité New START qui concerne la réduction des arsenaux nucléaires, les deux puissances peinent à trouver un terrain d’entente.

L’administration Biden, tout en soutenant fermement l’Ukraine via des aides militaires et des sanctions économiques contre la Russie, a récemment exprimé une ouverture prudente à la diplomatie. Du côté russe, le Kremlin, isolé sur la scène internationale mais renforcé par des alliances avec la Chine et l’Iran, affiche une volonté de dialogue, tout en rejetant toute concession sur l’Ukraine. Les acteurs clés des discussions entre les États-Unis et la Russie sont notamment, du côté de la maison Blanche m, la délégation américaine est menée par le secrétaire d’État Antony Blinken, accompagné d’experts en non-prolifération, avec pour objectif de maintenir la pression sur la Russie tout en évitant une escalade directe. Du côté russe, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov conduira les discussions, défendant une « architecture de sécurité euro-atlantique équilibrée », selon les termes du Kremlin.

Les principaux sujets à l’ordre du jour incluent le contrôle des armements nucléaires, avec l’expiration du traité New START en 2026 et les discussions en vue d’un nouveau cadre entre les États-Unis et la Russie. La guerre en Ukraine sera également abordée, avec Washington exigeant un retrait russe des territoires occupés et Moscou réclamant la levée des sanctions. La présence militaire russe en Syrie et le programme nucléaire iranien seront également discutés, ainsi que les enjeux humanitaires et sécuritaires qui y sont liés. Enfin, les discussions pourraient porter sur la stabilisation des marchés pétroliers et l’influence de l’OPEC+ sur les prix mondiaux.

Le choix de Riyad comme lieu de négociation n’est pas anodin. L’Arabie Saoudite, traditionnellement alliée des Etats-Unis mais soucieuse de diversifier ses partenariats, joue un rôle croissant de médiateur régional. En 2022, le royaume avait déjà facilité un accord sur les exportations de céréales ukrainiennes, démontrant sa capacité à dialoguer avec Moscou malgré les sanctions occidentales.

Cette initiative s’inscrit également dans la Vision 2030 du prince Mohammed ben Salmane, visant à positionner le pays comme un hub diplomatique et économique incontournable. Par ailleurs, Riyad cherche à équilibrer ses relations avec la Russie, notamment via l’OPEC+, où les deux pays coordonnent leur politique pétrolière.

Ainsi conçue, les attentes sont mesurées, la tenue même de ces négociations à Riyad symbolise une lueur d’espoir dans un paysage géopolitique fracturé. Dans un monde où les crises s’enchaînent, le dialogue, même minimal, reste un impératif. Les observateurs scruteront les déclarations pour déceler signes d’ouverture ou de nouvelles tensions. À suivre.

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