BURKINA FASO / SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE : LE CAPITAINE IBRAHIM TRAORÉ INAUGURE UNE USINE DE PRODUCTION DE FARINE DE BLÉ
De la farine de blé 100% made in Burkina, c’est désormais possible. Le président burkinabè, Ibrahim Traoré, a inauguré le jeudi 20 février dernier la première usine de production de farine de blé dans la banlieue Est de la capitale, Ouagadougou, marquant une étape clé dans la stratégie nationale visant à réduire la dépendance aux importations et à consolider la souveraineté alimentaire. Le Moulin Double Star (M2S), fruit d’un investissement public-privé, illustre la volonté des autorités de transformer structurellement l’économie locale face aux défis sécuritaires et climatiques.

D’un coût total de 15 milliards de francs CFA, cette unité est dotée d’équipements multifonctionnels à la pointe de la technologie avec une capacité de production journalière de 220 tonnes de farine et 80 tonnes de son, a indiqué le promoteur, El hadj Souleymane Zidnaba.
Le M2S s’étale sur une superficie de 5 hectares. L’usine est composée d’un bâtiment R+5, d’équipements industriels, de magasins et d’un bâtiment administratif. La minoterie va contribuer à créer au moins 300 emplois directs, 10 000 emplois saisonniers et des milliers d’emplois indirects. Cette équipe va mettre sur le marché quatre gammes de farine boulangère et pâtissière pour la production du pain, de pâtisseries et de biscuits. « Chaque produit que nous proposons est soumis à des contrôles tout au long de la production afin de garantir la conformité aux normes de qualité pour satisfaire les exigences de nos clients », a rassuré El hadj Souleymane Zidnaba.
UNE RÉPONSE STRATÉGIQUE À LA DÉPENDANCE AUX IMPORTATIONS

Avec environ 200 000 tonnes de blé importées annuellement pour un coût dépassant les 50 milliards de FCFA, le Burkina Faso dépense une part significative de ses ressources en devises pour répondre à la demande croissante en farine, essentielle pour l’alimentation de base. Cette nouvelle usine, d’une capacité de production d’environ 30 000 tonnes par an, permettra de couvrir 15 % des besoins nationaux dès sa première année d’exploitation. La nouvelle usine s’inscrit dans la vision de développement endogène et la transformation locale des produits, selon le capitaine Ibrahim Traoré.
Les autorités burkinabè, qui ont fait de la lutte contre l’insécurité alimentaire l’une de leurs priorités, ont lancé une « offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 ». En outre, depuis avril 2024, l’importation de la farine de blé vers le Burkina Faso est suspendue pour stimuler la production locale.
Cette réalisation s’inscrit dans un plan plus large incluant des unités de transformation de riz et de maïs, renforçant la résilience d’un pays où 60 % de la population vit de l’agriculture. En misant sur l’industrialisation locale, le Burkina Faso écrit une nouvelle page de son indépendance cette fois, alimentaire.
FABIOLA DOMBEU
