CONFÉDÉRATION AES / DÉFIS SÉCURITAIRES ET DIPLOMATIQUES : LE BURKINA FASO, LE MALI ET LE NIGER S’UNISSENT POUR UNE RÉGION PLUS STABLE
La capitale malienne a été le théâtre d’une réunion ministérielle cruciale de la Confédération des États du Sahel (AES) les 22 et 23 février 2025. Les délégations du Burkina Faso, du Mali et du Niger, composées de ministres de la Défense, des Affaires étrangères et du Développement, se sont réunies pour évaluer les progrès de l’intégration régionale et réaffirmer leur détermination commune dans la lutte contre le terrorisme.
LUTTE CONTRE LE TERRORISME : DES AVANCÉES SIGNIFICATIVES
Dans un Sahel en proie à l’escalade des violences jihadistes, les trois États ont fait de la lutte antiterroriste leur priorité absolue. Les ministres ont salué les « avancées significatives » des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), notamment dans les zones frontalières du Liptako-Gourma, épicentre des attaques de groupes armés comme JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et l’EIGS (État islamique dans le Grand Sahara). Les avancées militaires notables au niveau des opérations conjointes renforcées, où les FDS ont intensifié leurs opérations conjointes, permettant une meilleure coordination et une efficacité accrue sur le terrain, des zones précédemment sous contrôle terroriste ont été reprises, rétablissant ainsi l’autorité de l’État et permettant le retour des populations déplacées. un partage d’informations plus efficace a permis d’anticiper et de déjouer des attaques terroristes. Cependant, le tribut reste lourd; un hommage solennel a été rendu aux 2 000 civils et militaires tués depuis 2023. « Chaque victime nous rappelle l’urgence de notre union », a déclaré le colonel major malien Abdoulaye Maïga, ministre de la Défense, évoquant la création prochaine d’une académie militaire commune pour former les troupes.
DIALOGUE AVEC LA CEDEAO : UNE VOIE À EXPLORER
Si la coopération sécuritaire domine les débats, la relation avec la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) a été au cœur des discussions. Exclus de l’organisation depuis les coups d’État successifs au Mali (2021), au Burkina (2022) et au Niger (2023), les pays de l’AES ont exprimé leur volonté de « dialogue sans préconditions », tout en rejetant toute « ingérence » dans leurs choix souverains.
Les points clés du dialogue envisagé comprennent la levée des sanctions, la coopération sécuritaire, le dialogue politique et l’intégration régionale. Les pays de l’AES appellent à la levée des sanctions économiques et financières imposées par la CEDEAO, qui entravent le développement de leurs économies et aggravent les difficultés des populations. Une coopération renforcée en matière de sécurité est jugée essentielle pour lutter efficacement contre le terrorisme dans la région. Les pays de l’AES souhaitent également un dialogue politique inclusif pour résoudre les différends et promouvoir la stabilité régionale.
Outre les questions de sécurité et de diplomatie, la réunion a permis de faire le point sur les projets d’intégration régionale. Les ministres ont souligné l’importance de renforcer la coopération dans les domaines du développement économique, des infrastructures et de l’énergie.
Les projets prioritaires comprennent le développement des infrastructures, la coopération énergétique et la promotion du commerce intra-AES. La construction de routes, de chemins de fer et de réseaux de télécommunications vise à faciliter les échanges commerciaux et à désenclaver les régions isolées. Le développement de projets énergétiques communs, tels que la construction de centrales solaires et de barrages hydroélectriques, vise à renforcer l’indépendance énergétique de la région. Enfin, la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires vise à stimuler les échanges commerciaux entre les pays membres.
La réunion ministérielle de Bamako a permis de renforcer la cohésion et la solidarité entre les pays de l’AES. Les ministres ont réaffirmé leur engagement commun à relever les défis sécuritaires et de développement auxquels la région est confrontée. Le dialogue avec la CEDEAO et la poursuite des efforts d’intégration régionale sont considérés comme essentiels pour assurer la stabilité et la prospérité du Sahel.
FABIOLA DOMBEU
