NIGER / EXPLOSION DES RECETTES PÉTROLIÈRES : UN PAS DE GÉANT VERS LA SOUVERAINETÉ ÉNERGÉTIQUE

Le Niger a franchi un cap historique dans son secteur énergétique avec des recettes pétrolières atteignant 204 milliards de FCFA en 2024, contre 64,1 milliards en 2020, selon les déclarations du ministre du Pétrole, Sahabi Oumarou, lors d’une allocution télévisée le lundi 24 février dernier. Cette croissance spectaculaire, soutenue par une production en hausse, illustre la détermination des autorités à concrétiser leur vision de souveraineté énergétique, conformément à la lettre de mission du département ministériel.

En quatre ans, les revenus pétroliers du Niger ont bondi de près de 218 %, passant de 64,1 à 204 milliards de FCFA. Cette performance s’appuie sur une augmentation de la production, grâce à des investissements ciblés dans les infrastructures et une gestion optimisée des partenariats publics-privés. Le ministre Oumarou a souligné que « cette dynamique est le fruit d’une politique volontariste visant à maximiser la valorisation de nos ressources nationales, tout en garantissant des retombées équitables pour notre population».

Parmi les projets structurants figurent l’extension de la raffinerie de Zinder, dont la capacité a doublé depuis 2022, et l’accélération du chantier de l’oléoduc Niger-Bénin. Ce dernier, long de 2 000 km, permettra d’exporter jusqu’à 110 000 barils par jour d’ici 2025, tout en facilitant l’approvisionnement régional.

La hausse des recettes s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de la dépendance aux importations énergétiques. Le Niger, qui importait encore 80 % de ses produits pétroliers en 2020, couvre désormais 60 % de ses besoins domestiques grâce à sa raffinerie. « Maîtriser notre chaîne de valeur, de l’extraction à la distribution, est essentiel pour notre indépendance économique», a insisté le ministre.

Les fonds générés sont en partie réinvestis dans des projets sociaux et énergétiques, comme l’électrification rurale et le développement des énergies renouvelables. Une enveloppe de 30 milliards de FCFA a notamment été allouée en 2024 à des centrales solaires dans les régions d’Agadez et de Tillabéri.

Si ces résultats sont salués par les institutions financières régionales, des défis persistent. Le ministre a reconnu la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion des revenus et d’anticiper les fluctuations des cours mondiaux. Pour y répondre, le gouvernement prévoit la création d’un fonds souverain dédié à l’après-pétrole, ainsi qu’un cadre légal renforcé pour les investisseurs.

Avec une trajectoire pétrolière ascendante et une vision claire de sa souveraineté énergétique, le Niger s’affirme comme un acteur émergent dans le paysage énergétique ouest-africain. Reste à concilier exploitation rentable et transition écologique, un équilibre que le ministère du Pétrole assure placer au cœur de sa feuille de route pour les prochaines années.

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