DEMANDES DE VISAS REJETÉES : LE PRÉSIDENT ZAMBIEN APPELLE À DES REMBOURSEMENTS PAR L’UE ET LE RU.

Le président Zambien HAKAINDE HICHILEME a fait une dénonciation le 23 mai dernier, de ce qu’il considère comme étant une injustice sans fondement et persistante. Le non remboursement des frais de visas pour l’union européenne et du Royaume Uni est, selon lui inconcevable. Comment ne pas retourner les frais déboursés par des demandeurs pour des besoins de tourisme, d’études entre autres si l’on n’accepte pas la délivrance du visa? Une question qui pour le dirigeant mérite d’être posée avec acuité.

Au premier abord, alors que plus d’une personne se serait attendue à ce que ce mécontentement soit essentiellement pour le bien des citoyens Zambiens, HAKAINDE étend sa compassion au-delà de son pays en exigeant à l’Europe de restituer les fonds dans un contexte où les frais destinés aux démarches d’obtention de visas sont relativement devenus élevés et ne sont plus à portée de main.

De l’ambiguïté sur les raisons d’irrecevabilité des dossiers.

Tous les ans, de nombreux africains entament des démarches pour ces pays de l’Europe dans l’optique de poursuivre leurs études. D’aucuns y vont pour du tourisme. Tandis que d’autres se trouve dans l’obligation d’un regroupement familial. Se pliant aux exigences des différentes représentations diplomatiques de ces pays, les demandeurs engagent des démarches en vue de l’obtention du document qui fait foi dès l’arrivée dans un aéroport de l’espace du pays désiré. Seulement, un nombre insignifiant de demandeurs obtiennent et le reste est rejeté. Mais pourquoi ces dossiers sont-ils rejetés? Seules les institutions diplomatiques et leurs pays d’origine peuvent le savoir. Ce qui rend davantage hystérique plus d’une personne, en 2023, les ressortissants africains ont soumis près de 1,9 million de demandes de visa Schengen. Selon le rapport annuel sur les visas de l’UE, ce nombre est passé de 3,5 millions en 2020 à près de 3,8 millions en 2023. A cet effet, les frais de visa pour l’espace Schengen sont de 90 euros pour les adultes (59 000 FCFA) et de 45 euros (30 000 FCFA) pour les enfants de 6 à 12 ans. Les enfants de moins de 6 ans sont exemptés de frais. Il faut d’ailleurs rappeler que ces prix ont été modifiés le 11 juin 2024.

Le faramineux montant annuel déboursé par les africains demandeurs de visas.

C’est très irritant ! Le montant que les pays africains perdent tous les ans à l’effet des demandes de visas qui sont par la suite rejetées. Pour l’année 2024, c’est un peu plus de 70 millions de dollars en 2024. Plus loin, le Royaume Uni n’est pas en reste avec une perte supplémentaire occasionnée de 44 millions de livres sterling (soit 59 millions de dollars). Un cri d’alarme du président HAKAINDE HICHILEME qui mérite d’être propagé afin d’attirer l’attention de l’euro sur cette pratique disproportionnés et inique. Il appelle donc à la mise sur pied d’un système uniforme de remboursement de tous les frais des dossiers de demande de visas non pris en compte.

Des causes d’un tel système de traitement de dossiers de migrants ?

C’est un secret de polichinelle que les causes d’un tel traitement peuvent multiples et variées. S’il est établi que des frais engagés pour les visas pour certains non remboursés, il faut aussi s’appesantir sur la problématique « Vouloir Partir à Tout Prix De Son Pays Natal ». Dans un premier temps, l’on peut noter le flux migratoire qui à des moments ne permet pas au pays d’accueil de prendre des dispositions nécessaires pour assurer une vie souhaitée aux demandeurs. Il y’a entre autres la sécurité, le logement, la santé et l’alimentation. Selon des discours que les dirigeants européens ont souvent eu à tenir, leurs populations d’abord. Il leurs donc quelquefois complexe de devoir constituer leur société avec des expatriés qui vont non seulement leur ravir des places dans des universités pour ceux qui y vont pour des études, dans le fonctionnariat pour celles des personnes qualifiées. Bref, les migrants entame les chance de reussite des nationaux. Cette pratique constituerait donc pour l’Union Européenne une stratégie pour stopper la migration massive. Aussi convient-il de revenir sur le fait que les causes
de la migration massive des africains vers l’Europe sont multiples et complexes. On peut les classer en facteurs économiques, politiques, sociaux, environnementaux. Ces africains qui y vont, recherchent de meilleures conditions de vie.

Rejet de demande de visa, principe de réciprocité appliqué par l’Afrique.

Beaucoup d’analystes estiment que même si la dénonciation du président Zambien vaut tout son pesant d’or, il n’est pas superflu de rappeler que c’est une pratique qui existe depuis lustre et consignée dans les usages des représentations diplomatiques, et dont l’Afrique, elle aussi ne lesine sur aucun moyen d’application de la réciprocité. Sauf, le ratio démontre que c’est plutôt l’Afrique qui perd énorme de devises. Il est donc venu le temps où, les africains devront fonctionner et réagir selon l’évolution des situations diplomatiques et géopolitiques dans le monde. Les pays africains ne remboursent pas les frais de demande de visa refusés. Ces frais de visa sont généralement perçus par l’ambassade ou le consulat du pays vers lequel le visa est demandé, et non par le pays d’origine du demandeur, ce qui n’est une forme de bras de fer, mais d’une légitime réaction à l’action.

Au demeurant, si pour l’heure les autorités Zambiennes ont dénoncé avec fermeté cette pratique qui voudrait que les frais de demandes de visas ne soient pas retournés aux demandeurs, il faut souligner qu’elle n’ont pas encore fait cas des moyens de recours et de pressions pour que leur revendications soient prises en compte afin d’obtenir gain de cause.

Abdoulaye Raman

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