CAMEROUN / PRÉSIDENTIELLE 2025 : « ON NE PEUT PAS DÉSESPÉRER DANS UN PAYS. JE LUI DIS NON » TOMAINO NDAM NJOYA
La candidate de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) a lancé ce jour sa campagne dans la ville de Douala à la salle de fête d’Akwa, devant une déferlante population partie des quatre coins de la cité cosmopolite. Unique femme parmi les 12 prétendants au fauteuil présidentiel, c’est dans une ambiance bon enfant que le meeting, considéré comme une « fête » républicaine par cette dernière, a eu lieu.
Promettant « la nouvelle ère » aux Camerounais, la présidente de l’UDC entend prendre en compte l’inclusion féminine dans les hautes sphères de décision de l’appareil de l’État, alors que depuis 65 ans, le Cameroun est gouverné par les hommes. Des deux chambres du parlement en passant par le premier ministère jusqu’à la présidence de la République, elle appelle de tout vœu à cette « nouvelle ère », et ce dans la paix.

Plus loin, devant les électeurs, elle cherche à s’illustrer comme celle qui prônera une république où tout citoyen sera fier d’appartenir et où les richesses seront redistribuées sans distinction de genre. Au-delà de toute considération féministe que l’on attribuerait à sa volonté manifeste de voir la femme au sommet, Tomaino NDAM NJOYA souhaite que son appel à un regard porté sur la femme camerounaise soit considéré comme une invite à une inclusion globale pour l’édifice national, de manière participative.
Des déclarations qui sont favorablement portées par une dizaine de partis politiques alliés, disséminés sur le territoire camerounais, qui se sont succédés sur l’estrade pour expliquer aux sympathisants, militants et électeurs indécis le fondement de leur coalition avec le parti du feu Dr Adamou NDAM NJOYA. De Chantal Kanbiwa en passant par Olivier Ekoka jusqu’à Hilaire Nzipang, candidat recalé par le conseil constitutionnel à cette élection, la foule nombreuse chantait à l’unisson après les différents passages.
Pour la candidate de l’UDC, par ailleurs maire de la commune de Foumban, « la démocratie est un gouvernement par le peuple. Et c’est vous le peuple. » Ce qui sous-tend que les électeurs qui disent l’avoir choisie devraient la conduire au palais présidentiel d’Etoudi au soir du 12 octobre 2025. Et pour ce faire, l’allié Hilaire Nzipang du Mouvement Populaire a souligné pendant sa prise de parole que la recette magique de l’UDC pour éviter la fraude électorale consiste d’abord pour les femmes d’aller le matin après l’ouverture des bureaux de vote et voter. Ensuite, dans l’après-midi, les personnes âgées et les jeunes y vont et effectuent le leur. Enfin, une fois que cela est fait, les jeunes restent pour assurer la surveillance des votes jusqu’au dépouillement du dernier bulletin.

S’il y a une partie de son adresse qui a captivé l’attention, c’est bel et bien une réponse implicite à l’évêque de Yagoua dans la région du nord, qui, il y a quelques mois en pleine homélie, exprimait son ras-le-bol face aux insuffisances du gouvernement actuel. Il lançait d’ailleurs qu’après de nombreuses années de gouvernance, il n’était plus question que M. Paul Biya continue. Et que même si c’est le diable, qu’il prenne d’abord le pouvoir, et on verra le reste après. Des paroles qui ont été fustigées par Tomaino lors de son meeting. « Mon père, je dis non. On ne peut pas être désespéré dans un pays quand on est croyant, » s’est-elle offusquée avant d’ajouter qu' »on ne joue pas avec les mots. Le diable, ce sont les forces du mal. Nous sommes l’ange gardien qui va venir chasser tous les diables, d’où qu’ils viennent. »
En bonus, le public de Douala, venu nombreux, a eu droit à un spectacle de la légende vivante de la comédie en Afrique en général et au Cameroun en particulier, Fingon Tralala, qui, comme d’autres visages de l’art et de la culture camerounaise, a fait une prestation teintée de rires, mais aussi de conscientisation des électeurs quant au bien-fondé, selon lui, de choisir la candidate Tomaino NDAM NJOYA le 12 octobre. Pour l’artiste, « il aura fallu du temps, mais le temps là est arrivé. » Le temps du changement de dirigeants, comme ils disent.
Abdoulaye Raman
