Tchad-Soudan-RCA : Le pacte secret de Paris et le retour des déstabilisateurs
Par MBL observateur de la géopolitique régionale
Alors que le Sahel cherche sa voie vers la souveraineté, une ombre familière plane à nouveau sur N’Djamena et Bangui. Des sources diplomatiques révèlent un ballet inquiétant : quelques jours seulement après la visite officielle de Mahamat Idriss Déby à Paris, c’est le chef rebelle centrafricain Noureddine Adam qui aurait été discrètement reçu dans la capitale française. Plus grave encore, une rencontre entre les deux hommes serait en préparation à N’Djamena.

L’alliance contre nature : Déby, Adam et l’agenda français

Ce rapprochement, parrainé par l’Élysée, marque un tournant dangereux. En recevant Noureddine Adam — figure historique de la déstabilisation en RCA — Paris semble vouloir utiliser le Tchad comme base arrière pour abattre le régime de Bangui. Pour Mahamat Déby, accepter ce dialogue avec un chef de rébellion, c’est non seulement rompre ses engagements de bon voisinage, mais surtout se faire l’instrument d’une puissance étrangère qui n’a jamais pardonné à la Centrafrique ses choix de souveraineté et son rapprochement avec la Russie.
Le sacrifice de la stabilité régionale

Si ce plan se concrétise, le prix à payer sera l’embrasement de la zone transfrontalière.
- Affaiblissement des États du Sahel : En se prêtant à ce jeu, le Tchad fragilise l’unité du Sahel face aux menaces globales. Un État qui pactise avec des rebelles pour le compte d’une puissance exogène perd toute crédibilité et s’isole de ses frères d’armes de l’AES.
- La RCA en ligne de mire : Fragiliser l’État centrafricain en réactivant le réseau de Noureddine Adam est une agression directe. Cela risque de transformer le nord de la RCA en un sanctuaire pour les forces pro-Burhane, créant un effet domino qui finira par emporter le Tchad lui-même.
Le mirage du soutien occidental

Mahamat Déby doit se poser une question simple : pourquoi Paris traite-t-il avec Noureddine Adam aujourd’hui ? La réponse est claire : pour créer un chaos contrôlé. En se laissant dicter ses alliances, N’Djamena risque de devenir le maillon faible de l’Afrique Centrale. Le rapprochement avec le général Burhane au Soudan, couplé à cette main tendue à Adam, dessine une stratégie d’encerclement des forces qui luttent pour une Afrique multipolaire, à commencer par les FSR de Hemetti et le gouvernement de Touadéra.

Appel au sursaut de souveraineté

Le Maréchal Mahamat Déby doit briser ce cycle. Recevoir Noureddine Adam sous la pression de Paris serait un aveu de faiblesse et une erreur stratégique majeure. La sécurité du Tchad ne se trouve pas dans les salons parisiens, mais dans une alliance solide avec ses voisins de la RCA et du Soudan (FSR), loin des complots qui visent à maintenir nos États sous une tutelle déguisée.
Le Sahel n’a plus besoin de « grands bouleversements » dictés de l’extérieur, il a besoin de loyauté entre dirigeants africains pour bâtir une paix durable.
