Conseil de sécurité : la République centrafricaine franchit un jalon crucial dans la consolidation de l’État

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Par Aymard Guinon

La République centrafricaine a marqué une étape déterminante dans son processus de stabilisation institutionnelle. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la RCA, Valentine Rugwabiza, a salué la tenue des élections présidentielle, législatives, régionales et municipales du 28 décembre 2025, qualifiant ce scrutin de « jalon crucial » dans la consolidation du processus de paix et des institutions étatiques.

Une opération électorale d’envergure inédite

Selon la cheffe de la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine), il s’agit de la plus vaste opération électorale jamais organisée dans le pays.

Ces consultations ont été marquées par deux innovations institutionnelles majeures :
• Les premières élections régionales de l’histoire nationale ;
• Les premières élections municipales organisées depuis 1988.

Malgré des contraintes logistiques ponctuelles et des incidents sécuritaires localisés dans la préfecture du Haut-Mbomou, le processus s’est globalement déroulé dans le calme. La participation des femmes, représentant 45 % des candidates aux municipales, constitue un indicateur fort de progression en matière d’inclusion politique.

L’appui technique, logistique et sécuritaire de la MINUSCA, bien que fragilisée par la crise de liquidités qui affecte l’Organisation des Nations Unies, a été déterminant dans la réussite du processus.

Continuité institutionnelle et nouveau cycle politique

La réélection du Président Faustin Archange Touadéra s’inscrit dans une logique de continuité institutionnelle.

Intervenant également devant le Conseil, Omar Hilale, Président de la Configuration RCA de la Commission de consolidation de la paix, a salué une étape majeure vers la stabilisation durable du pays, tout en rappelant que le second tour des législatives prévu le 26 avril 2026 viendra parachever le cycle électoral.

Plusieurs États membres, dont le Pakistan, le Danemark et la Lettonie, ont qualifié ce scrutin de « moment charnière » pour l’histoire politique centrafricaine, soulignant notamment la participation féminine accrue.

Stabilisation, décentralisation et transformation structurelle

Le représentant centrafricain auprès des Nations Unies a affirmé que le pays est engagé dans une dynamique irréversible de stabilisation, de décentralisation et de reconstruction de l’État.

L’enjeu dépasse la seule organisation d’élections : il s’agit désormais de consolider la gouvernance locale, renforcer les capacités des collectivités régionales et municipales nouvellement élues, et traduire la légitimité issue des urnes en résultats concrets pour les populations.

Cette séquence électorale ouvre donc un nouveau cycle politique. La crédibilité du processus, saluée au niveau international, devra maintenant se matérialiser par :
• la poursuite des réformes institutionnelles,
• le renforcement de la sécurité territoriale,
• l’amélioration des services publics,
• et une gouvernance inclusive à tous les échelons.

La République centrafricaine, longtemps fragilisée par des cycles d’instabilité, semble ainsi franchir une étape structurante. Le défi, désormais, est celui de la transformation durable.

Lire le communiqué officiel : press.un.org/fr/2026/cs16305.doc.htm

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