RCA : LA MISSION RUSSE ACCOMPAGNE LA JPN DANS LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET LA RÉINSERTION DE 100 EX-COMBATTANTS

Par Prince Wilfried NZAPAOKO

Bangui, 03 mars 2026—(PANAFRICAN-MEDIA) – La réinsertion socio-professionnelle des ex-combattants se concrétise sur le terrain. Grâce à un partenariat soutenu financièrement par la Mission russe en République centrafricaine, la Jeunesse Pionnière Nationale (JPN) accueille et forme actuellement une centaine de jeunes qui ont choisi de déposer les armes pour répondre à l’appel du président Faustin Archange Touadéra en faveur de la consolidation de la paix.

Ce mardi 3 mars 2026, une visite de terrain a permis de constater l’avancement de ce programme, en présence du ministre délégué et haut-commissaire à la JPN, Alain Bruce Pina-Sany. Ce projet, d’un montant de 68 millions de FCFA apportés par les partenaires russes, incarne la volonté commune d’offrir une alternative durable à la violence et de bâtir une paix stable par l’autonomisation économique des jeunes.

VIVRE ENSEMBLE ET APPRENDRE : LE QUOTIDIEN AU CŒUR DE LA JPN

Ce ne sont pas seulement des compétences techniques que ces 100 ex-combattants acquièrent au sein de la JPN. C’est tout un processus de socialisation et de réapprentissage de la vie en communauté qui s’opère. Logés au centre de Mandjo, à 65 km de Boali, ils partagent un quotidien rythmé par la discipline et l’entraide.

Chaque matin, un bus les conduit au centre de formation de Sica 2 à Bangui. Ce trajet journalier est devenu un moment d’échange, où les liens se tissent et où le passé laisse place à des projets communs. « Nous vivons ensemble, nous mangeons ensemble, et nous apprenons à nous connaître autrement que par les armes. Ici, on est tous logés à la même enseigne : on veut un avenir », confie un bénéficiaire.

Le programme, lancé le 12 janvier 2026, privilégie l’apprentissage par la pratique. « Nous sommes déjà à un mois et demi de formation. L’approche est concrète : 25% de théorie et 75% de pratique. L’objectif est qu’ils maîtrisent parfaitement leur futur métier. Un comité planche déjà sur l’achat de kits d’insertion adaptés à chaque filière pour qu’ils puissent, dès la fin de leur cycle, s’installer et vivre de leur travail dans leurs localités respectives », a expliqué Alain Bruce Pina-Sany.

DES ATELIERS PRATIQUES POUR UNE RÉINSERTION DURABLE

Dans les ateliers, l’ambiance est studieuse. Les apprenants s’approprient les gestes techniques avec sérieux. Les filières proposées couvrent les besoins essentiels du pays : mécanique auto, conduite, couture, commerce et saponification.

Ibrahim Mahamat Ali, qui suit la formation en commerce, témoigne de cette transformation : « Les cours se passent bien. Nous apprenons les bases de la gestion, comment acheter et revendre. Mais le plus important, c’est que nous avons tourné la page. Nous ne voulons plus entendre parler de la violence armée. Nous voulons la paix pour que notre pays puisse enfin se développer. »

À ses côtés, dans l’atelier de saponification, l’activité est intense. Moise Gazapandé manipule avec assurance les fûts et les ingrédients. « Regardez, je sais maintenant doser le carbonate de soude, la mousson, le nacrons, le parfum et l’eau. Je fabrique du liquide vaisselle, du savon de toilette et du savon de cuisine. C’est un vrai métier ! Je remercie nos partenaires russes d’avoir cru en nous. Après la formation, je retournerai chez moi, je fabriquerai et je pourrai m’occuper de ma famille. C’est ça, la vraie vie. »

UN APPEL À LA RÉCONCILIATION NATIONALE

Pour ces hommes en reconstruction, la réinsertion est aussi un message d’espoir à adresser à ceux qui sont restés dans la brousse. Ibrahim Mahamat Ali lance un appel vibrant : « Je le dis à mes frères qui sont encore dans la nature : revenez ! La paix n’a pas de prix. Écoutez nos dirigeants, tendez la main à la JPN. C’est ensemble que nous construirons une Centrafrique prospère. »

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