RDC / DEMISSION DU GOUVERNENMT SAMA LUKONDE : UNE FIN DE MISSION QUI EN DIT LONG

RDC / DEMISSION DU GOUVERNENMT SAMA LUKONDE : UNE FIN DE MISSION QUI EN DIT LONG

 

Qui dirige la RDC, le palais de la nation , l’assemblée nationale ou les États-Unis? Le Premier ministre Sama Lukonde a rendu le tablier, mardi 20 février 2024 pour faire plaisir à qui ? Au peuple, à FATSHI ou à joe Biden. Député national élu dans la circonscription électorale de Kasenga (Haut-Katanga), il a opté pour son mandat à l’Assemblée nationale. Même son de cloches pour Les membres du gouvernement élus députés qui avaient jusqu’à mardi, à 00 heure pour choisir entre le Parlement ou leur fauteuil ministériel. C’est donc au dernier jour que le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a attendu pour faire connaître sa position. La Démission du Premier ministre entraîne ipso facto celle de toute l’équipe gouvernementale dont 39 membres étaient élus à la députation nationale ou provinciale.

 

La fin d’une époque qui laisse pantoire

 

L’Equipe gouvernementale constituée le 24 mars 2023 qui a vu l’entrée de dinosaures de la politique congolaise comme Vital Kamerhe ou l’ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba semble refermer la porte sans crier gare. Une équipe qu’il a voulu de combat pour conduire le Président Tshisekedi vers sa réélection. Certains ministres ont pris de l’avance sur leur chef en déposant leur démission du gouvernement, depuis lundi 19 février. C’est le cas de Vital Kamerhe Vice-premier ministre en charge de l’Économie, de Jean-Pierre Lihau ,Vice-premier ministre en charge de la Fonction publique, d’Antipas Mbusa ministre d’État en charge de l’Intégration régionale, Crispin Mbadu Vice-ministre des Affaires étrangères), Claudine Ndusi ministre en charge de l’Emploi) et Pius Muabilu ministre d’État en charge de l’Urbanisme.

Les événements qui se produisent aujourd’hui en République Démocratique du Congo sont à la fois prévisibles et désastreux. Ils traduisent la fragilité d’un pouvoir qui s’est affranchi de toute apparence de légitimité démocratique pour s’imposer. Le résultat improbable du scrutin taxé d’absurde de décembre 2023 a placé Félix Tshisekedi à la présidence de la République Démocratique du Congo pour un second mandat. Pourtant des analystes estiment que pas un message diplomatique prenant acte de cette élection n’a omis d’en noter le caractère factice. Ainsi, c’est une opinion nationale et internationale également dubitatives qui ont accueilli cette réélection, intervenant à l’issue d’un processus électoral très controversé où les machines à voter restaient au domicile des futurs élus, au lieu d’être dans les bureaux de vote, et s’activaient jour et nuit pour fabriquer des votes tant pour les Législatives que pour la Présidentielle.

 

Une élection ou coup d’État tacite ?


Pris sur le fait en plein bourrage d’urnes numériques, les candidats à la députation furent nombreux à être invalidés, le vote des électeurs ayant été à l’évidence trafiqué en leur faveur. Mais quid des votes pour le Président lui-même, fabriqués en même temps et par les mêmes machines ? Eux ne furent pas invalidés et assurèrent une majorité à la fois confortable et indue à celui qui se présentait à sa propre réélection… Alors même que son premier mandat n’avait pas non plus résulté du choix des électeurs … ce dont tous convenaient déjà tant parmi les Congolais que parmi les observateurs internationaux. Quelle différence, entre 2023 et 2019, puisque ni en 2023 ni en 2019, le Président réputé élu n’avait eu la faveur des électeurs ? Une différence de taille : lorsque le compromis se fit entre le camp de Kabila et celui de Tshisekedi, sous l’égide d’une CENI présidée par Corneille Nangaa avec un accord tacite de la communauté internationale, le compromis fut de nature à satisfaire toute la population congolaise, parce qu’il y avait une alternance, et qu’elle se faisait dans la sérénité et sans chasse aux sorcières. Ainsi tous y trouvaient leur compte et le pays n’était pas fracturé. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : la preuve, l’artisan du compromis de 2019 lui-même, Corneille Nangaa, a réussi à fédérer autour de lui l’immense majorité des mouvements de révolte et de mécontentement présents dans la population. L’Alliance Fleuve Congo oppose la légitimité de citoyens congolais réclamant un exercice démocratique véritable, face à l’illégitimité d’un pouvoir qui ne peut plus alléguer la moindre origine démocratique.

 

L’est de la RDC, une plaie béante aux multiples soutiens

 

La France se dit très préoccupée par la situation dans l’Est du Congo, dans le Nord Kivu et en particulier autour de Goma et de Saké. Les atteintes à l’intégrité territoriale de la RDC et la situation des populations civiles sont inadmissibles. La France condamne la poursuite des offensives du M23 avec le soutien du Rwanda, et la présence des forces rwandaises sur le territoire congolais. Le M23 doit cesser le combat immédiatement, et se retirer de toutes les zones qu’il occupe, conformément aux décisions prises dans le cadre du processus de Luanda. La France de Macron appelle ,le Rwanda à cesser tout soutien au M23 et à se retirer du territoire congolais. Au même moment , Mr Tshisekedi affirme que les États-Unis font partie des pays qui sont impliqués dans la résolution de la crise. Et de poursuivre que grâce a ses positions, beaucoup d’autres pays ont changé Quand leur position. En conclusion le président élu pense que ce n’est donc pas une bonne idée de s’en prendre aux édifices des représentations des pays amis. C’est qui le fou ?

Car on fera l’histoire du conflit civil qui secoue aujourd’hui la République Démocratique du Congo, on ne pourra que constater que cette crise de légitimité à la tête de l’État congolais affaiblit considérablement les Forces Armées de la République Démocratique du Congo dans leur résistance face à l’opposition politique ou armée qui conteste un résultat du processus électoral notoirement biaisé, à la fois pour l’Assemblée et pour la Présidence, avec une évidente surreprésentation, dans ce grand pays composite, des politiciens originaires du Kasaï, tout comme le Président lui-même. On ne peut évidemment que déplorer le retour de la guerre, mais force est de constater que le déni de démocratie qui l’a précédé a donné des arguments nouveaux aux partisans d’un renversement de Félix Tshisekedi, auxquels le pouvoir en place n’a pas permis de s’exprimer par les urnes. Une négociation politique est plus que jamais nécessaire pour retrouver la paix !La grande différence pour la légitimité du Président Tshisekedi avant et après les élections de décembre 2023, c’est qu’avant le scrutin, elle résultait d’un compromis qui faisait consensus, alors qu’au lendemain du vote, elle n’a plus pour base qu’une fraude massive, perpétrée au vu et au su de tous, et pour tous dépourvue de crédibilité. Le bras de fer que représente cette empoignade historique est susceptible de dégénérer d’un moment à un autre, selon le cours des combats qui se déroulent au Kivu. Et c’est pourquoi les chancelleries du monde entier surveillent comme le lait sur le feu la révolte armée qui se propage, redoutant plus que tout une rupture d’approvisionnement dans la chaîne d’exportation du coltan, du cobalt et d’autres minerais rares indispensables à la nouvelle économie du numérique et du tout électrique et dont le statu quo dans l’Est de la RDC garantissait jusque-là l’exploitation. La bataille de Goma qui s’annonce pourrait précipiter un désastre économique mondial dont ni l’Amérique ni la Chine ne veulent ! D’où la multiplication des appels à la paix et la difficulté de la diplomatie à l’imposer.

 

FOUTH NDEDI

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