SÉNÉGAL : UN AUTRE PROCHE COLLABORATEUR DE MACKY SALL PLACÉ EN GARDE À VUE

Au Sénégal, la saga judiciaire contre les anciens cadres de l’administration du régime de l’ex-président Sénégal se poursuit, le 10 juin dernier c’est l’ancien ministre-conseiller Moustapha Diakhaté a été placé en garde à vue à la suite de propos jugés offensants à l’égard du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Lors de son audition à la Division des investigations criminelles (DIC), M. Diakhaté a refusé de coopérer, déclarant : « Emprisonnez-moi pour 100 ans, mais je ne répondrai pas », avant de demander à être directement incarcéré.

Les autorités l’accusent d’« offense au chef de l’État », un délit passible de trois ans de prison selon l’article 254 du Code pénal sénégalais. Cette accusation fait suite à des déclarations tenues par M. Diakhaté, qualifiant les Sénégalais de « peuple maudit » pour avoir élu Bassirou Diomaye Faye comme président.

L’avocat de M. Diakhaté, Me El Hadj Diouf, a dénoncé cette arrestation, la qualifiant de « prise d’otage avec demande de rançon », et a affirmé que son client était prêt à rester en prison plutôt que de se soumettre à ce qu’il considère comme une injustice.
Cette affaire suscite des réactions contrastées. Le mouvement politique Pastef, dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, a salué l’arrestation, estimant que les propos de M. Diakhaté constituaient une insulte envers le choix démocratique du peuple sénégalais. En revanche, des voix s’élèvent au sein de l’opposition et de la société civile, dénonçant une atteinte à la liberté d’expression et une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
L’affaire Moustapha Diakhaté s’inscrit dans un contexte plus large de tensions politiques au Sénégal, où plusieurs personnalités de l’opposition ont été récemment poursuivies pour des accusations similaires. Ces événements soulèvent des questions sur l’équilibre entre la liberté d’expression et le respect des institutions dans le pays.
