CRISE DANS LA CEEAC : LE RWANDA ATTAQUE, LA RDC CONTRATTAQUE !

L’on se croirait dans un véritable jeu de victimisation de la part du Rwanda et la République démocratique du Congo. A tout le moins, c’est un feuilleton dont les épisodes ne sont pas prêts d’être terminés tant les deux parties cherchent autant que faire se peut à se faire entendre au lendemain du dernier sommet de la CEEAC.

La RDC a exprimé dimanche son inquiétude face à une tendance qu’elle juge alarmante : celle de se retirer d’un traité ou de bloquer un processus dès qu’une exigence de redevabilité est mise sur la table. En effet, il s’agit de l’attitude du Rwanda qui a décidé contre toute attente de claquer la porte de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) lors du dernier sommet de l’organisation sous-régionale.

Cela aura été une pilule très difficile à avaler pour Kinshasa, qui a argué que cette habitude « tolérée trop longtemps », a engendré des « accords sans redevabilité, donc sans durabilité ». En réalité, Kigali s’estime enfant de chœur, au mieux tout saint. Alors que le pays de Paul Kagame était jusqu’à récemment membre de cette importante institution, elle a trouvé judicieux de séparer son chemin d’avec ceux des autres. Raison, l’ensemble des pays membres ont décidé de prolonger d’un an la présidence tournante du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Mais pourquoi cette décision collégiale de la CEEAC ?

Chaque organisation a ses règles et celles-ci doivent être mises en application pour sa prospérité. En conformité avec l’article 34 de la CEEAC révisé, qui interdit tout recours à la force entre États membres, il aura été superflu de lui accorder à Paul Kagame la présidence de l’institution sous-régionale, alors que plusieurs facteurs attestent que son pays le Rwanda agresse au moyen de son armée, la RDC, malgré les multiples appels à la retenue à travers la communauté internationale. Il faut préciser que cet article fait partie des dispositions fondamentales du traité qui vise à garantir la paix et la sécurité régionales. Il stipule aussi qu’aucun État membre ne peut utiliser la force contre un autre État membre pour résoudre un différend.

Si dans le communiqué de son ministre des relations étrangères, le Rwanda ne manque pas de dire que la RDC a pesé de son poids auprès des membres pour que la présidence ne lui soit pas attribuée, il convient de souligner que Kinshasa précise que son différend avec Kigali est alimenté par des « actes d’agression dénoncés », faisant spécifiquement référence à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Laquelle résolution exige le retrait immédiat des forces armées rwandaises.

Créée le 18 octobre 1983, la CEEAC (Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale) a pour mission de promouvoir l’intégration régionale, le développement économique et social des États membres, assurer la paix et la sécurité, favoriser la coopération régionale et internationale, soutenir les processus électoraux. Constituée de 11 États membres avant le retrait du Rwanda, il reste désormais : l’Angola, le Burundi, le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République Centrafricaine, la République démocratique du Congo, São Tomé e Príncipe et le Tchad.

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