La BEAC dresse un premier bilan de la réforme des changes en zone CEMAC

Yaoundé, 21 juin 2025 – À l’occasion de la Finance Week 2025, le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a présenté un bilan exhaustif de la réforme de la réglementation des changes en zone CEMAC. Entrée en vigueur en mars 2019, cette réforme visait à moderniser la gestion des flux financiers et à restaurer les fondamentaux économiques fragilisés par la chute des cours pétroliers, la crise sécuritaire et la réduction des réserves de change.

La réforme, formalisée en 2018 (Règlement n° 02/18/CEMAC/UMAC/CM), a introduit une série de mesures ambitieuses :
• Rétrocession obligatoire des devises à la BEAC par les banques commerciales ;
• Rapatriement obligatoire des devises par tous les acteurs économiques ;
• Domiciliation stricte des opérations de commerce extérieur ;
• Déclarations systématiques pour les transactions de plus de 5 millions FCFA ;
• Cadre encadré pour les opérations en capital, entrants comme sortants.

Selon le Gouverneur, ces mesures ont favorisé une amélioration significative de la traçabilité des capitaux, véritables piliers d’une monnaie commune stable.

Entre 2019 et 2024, la BEAC a constaté une hausse de 75,6 % des devises rétrocessées, contribuant à une remontée des réserves de change et au maintien de la stabilité externe du FCFA. Les recettes fiscales se sont également accrues, et la centralisation des flux financiers a consolidé la politique monétaire régionale.

« La Banque Centrale ne régule pas pour contraindre, mais pour construire une économie plus résiliente », a souligné Yvon Sana Bangui, rappelant que la stabilité du FCFA est un atout fondamental pour la zone CEMAC.

Malgré ces avancées, plusieurs freins subsistent :
• Résistance des banques commerciales à la mise en application ;
• Complexité administrative et interprétation parfois floue des textes ;
• Coûts de trésorerie élevés pour les entreprises ;
• Insuffisance des infrastructures informatiques, notamment pour les transferts électroniques.

Face à ces enjeux, le Gouverneur a appelé à un renforcement de la digitalisation, une simplification des procédures et un dialogue accru avec les opérateurs économiques.

Pour 2025, la BEAC envisage des ajustements progressifs : assouplissement des obligations de rapatriement, délais révisés, opérations pilotes de test… L’objectif est d’aboutir à un dispositif plus adapté, tout en maintenant les garde-fous nécessaires à la stabilité financière.

En conclusion, la réforme des changes lancée par la BEAC se révèle efficace et structurante. Sa pérennisation dépendra désormais de la capacité des acteurs à s’approprier les outils mis en place, à travers une meilleure communication, une plus grande responsabilisation et une modernisation continue.

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