CEMAC / TRAVAUX DE RÉHABILITATION AU SIÈGE DU PARLEMENT : UNE FACTURE DE 1,3 MILLIARDS QUI INTERROGE.
Un parfum de scandale secoue actuellement la communauté économique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), suite au paiement controversé d’une facture de près de 1,3 milliards de francs CFA pour des travaux mineurs réalisés au siège du Parlement communautaire à Malabo. Cette affaire révélatrice de dysfonctionnements graves, place la gestion du président de la commission au coeur d’une tempête institutionnelle.
Selon plusieurs sources internes, ces travaux de réhabilitations internes concernaient des interventions limitées : étanchéité partielle de certaines surfaces, changement de carreaux dans le sanitaire, fermeture de trou au plafond de l’hémicycle, remplacement de la moquette et de quelques ampoules. Un chantier modeste dont le coût réel d’après les responsables du parlement communautaire n’aurait pas dû excéder 200 millions de FCFA.

Un paiement hors procédure, sans trace comptable ni contrat
Or, le parlement communautaire qui aurait dû être le maître d’ouvrage n’a jamais été associé à la passation de marché, ni à la gestion de ces travaux. Aucune facture ne lui a été transmise, aucun contrat n’a été signé par ses services, et aucune ligne comptable n’existe dans son budget 2023-2024 relative à ces dépenses.
Malgré cette absence totale de documentation, le président de la commission de la CEMAC a sollicité et obtenu dès sa prise de fonctions en juin 2023, le paiement de cette somme astronomique par le Trésor public de la Guinée Équatoriale. Le règlement a été effectué par compensation sur la taxe communautaire d’intégration (TCI), sans qu’un mandat budgétaire ait été émis.

Cette démarche jugée extrêmement irrégulière par plusieurs observateurs, soulève de sérieuses interrogations sur la gouvernance actuelle de la commission. Elle pourrait constituer une violation des procédures financières communautaires, en plus d’une mise à l’écart injustifiée du parlement commentaire.
Un test décisif pour les organes de contrôle de la CEMAC
Face à la gravité des faits et à l’opacité manifeste de cette opération, les regards se tournent désormais vers la cour des comptes communautaire ainsi que l’auditeur interne de la CEMAC. Ces deux organes sont vivement attendus pour diligenter une enquête approfondie afin de faire toute la lumière sur les conditions de passation, d’exécution et de paiement de ces travaux.
Leur silence ou leur inertie seraient interprété comme une complicité, ou tout le moins, une faillite du système de contrôle interne de la communauté. À l’inverse, leur prompte réaction pourrait contribuer à restituer la crédibilité des institutions communautaires.
La transparence ou la défiance
Alors que la CEMAC multiplie les discours sur la rigueur budgétaire et la bonne gouvernance, cette affaire révèle un fossé inquiétant entre les principes affichés et les pratiques observées. La surfacturation présumée, l’absence totale de traçabilité financière, et l’engagement unilatéral de fonds publics appellent à des clarifications immédiates et à d’éventuelles sanctions.
Pour les citoyens de la sous-région et les partenaires internationaux, la gestion de ce dossier constituera un test de transparence, d’intégrité et de recevabilité. La CEMAC peut-elle encore se permettre de tolérer de telles dérivés, au risque de perdre le peu de confiance qui lui reste ?
