CAMEROUN / PRÉSIDENTIELLE 2025 : L’UNDP REJETTE T-IL L’IDÉE D’UN CANDIDAT UNIQUE DE L’OPPOSITION ?
Les appels à une candidature consensuelle de l’opposition se multiplient en vue de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Yahya Bello, un militant et cadre de l’UNDP, parti dirigé par Bello Bouba Maïgari, a publié une déclaration remettant en question la nécessité d’un candidat unique ou d’un large consensus. Cette prise de position intervient dans un contexte de vifs débats et de tentatives de rapprochement entre les différents partis de l’opposition retenus pour le scrutin, notamment celles du Grand Nord, rendant la quête d’une unité encore plus complexe.
Yahya Bello affirme que l’idée d’un candidat unique est une « manœuvre bien orchestrée » visant à démobiliser l’électorat et à favoriser l’abstention, qu’il qualifie de « première victoire » pour ceux qui souhaitent se maintenir au pouvoir. Il soutient qu’aucun système politique multipartisan n’a jamais eu de candidat unique, citant les exemples des élections présidentielles en France, aux États-Unis et au Sénégal où plusieurs candidats ou coalitions se sont affrontés.
Cependant, il reconnaît la « demande profonde » des Camerounais pour une mutualisation des forces politiques et assure que l’UNDP continuera de travailler à fédérer les forces pour présenter « une ou des candidatures les plus consensuelles possibles ». Il insiste sur le fait que la victoire dépendra d’un « vote massif en faveur des forces du changement » et que l’abstention mènera inévitablement à la défaite.
Cette déclaration intervient alors que des figures de l’opposition, comme le professeur Maurice Kamto, appellent activement à une concertation pour désigner un candidat commun. De plus, des efforts sont déployés pour rapprocher les leaders du Grand Nord, Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary, afin qu’ils s’unissent pour l’élection. En revanche, des divergences semblent persister entre les deux personnalités, laissant l’opinion publique sceptique quant à la possibilité d’une telle alliance. La position de ce cadre de l’UNDP ajoute une couche de complexité à ces négociations déjà délicates.
Abdoulaye Raman
