CAMEROUN / PRÉSIDENTIELLE 2025 : PATRICIA TOMAÏNO NDAM NJOYA, UNE CANDIDATURE FÉMININE DE SINGULARITÉ ?
Alors que le Cameroun se prépare pour sa prochaine élection présidentielle le 12 octobre 2025, Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya se distingue comme la seule candidate féminine parmi les douze postulants. Interrogée par RFI le 10 septembre 2025 dernier lors de sa tournée auprès de la diaspora camerounaise en Europe, elle a exprimé une vision claire : « Après l’échec des hommes, il faut que les femmes prennent le pouvoir. »

La candidate de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) souligne que les 65 années de gouvernance masculine n’ont pas suffi à mettre en place de lois protectrices pour les femmes et la famille. Elle estime qu’une alternance au leadership féminin est nécessaire pour aborder les crises qui affectent le pays, notamment dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest depuis 2016.
Cette perspective semble trouver un écho favorable auprès de nombreuses associations féminines camerounaises à l’instar de celles ancrées dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du pays. Bien qu’elles reconnaissent les qualifications des hommes pour diriger, elles estiment qu’il est temps d’offrir une opportunité à une femme de prendre les rênes. Au plus fort dun contexte présidentiel où les questions se posent avec acuité à toutes celles et ceux qui aspirent à la magistrature suprême, le maire de Foumban, ne manque pas de se défendre. Pour elle, l’un de ses combats peut-être peu connu, porte sur la crise anglophone, remontant à son précédent mandat à l’Assemblée nationale donc son altercation avec un député RDPC avait un tollé général, alors qu’elle s’évertuait à faire entendre sa voix, la voix des populations touchées par la crise qui perdure.

De nombreux analystes politiques observent également que l’incapacité des candidats de l’opposition masculine à s’accorder sur un nom commun face au parti au pouvoir pourrait ouvrir la voie à une alternative. Le parcours politique de Patricia Tomaïno Ndam Njoya est notable : elle a été élue à trois reprises, d’abord députée pendant deux législatures, puis maire de la Commune de Foumban, un poste qu’elle occupe actuellement. Cette longévité politique suggère une base de soutien populaire significative. Mais ces atouts peuvent pencher en sa faveur dans un contexte au combien singulier.

Parallèlement, le professeur Maurice Kamto, figure majeure de l’opposition dont la candidature a été recalée par le Conseil constitutionnel, a récemment appelé sur les onze candidats de l’opposition à se concerter pour désigner un candidat commun. Il a particulièrement exhorté les leaders du grand nord, Bello Bouba Maïgari de l’UNDP et Issa TCHIROMA BAKARY du FSNC, à s’unir pour créer une coalition capable de rivaliser avec le RDPC, le parti au pouvoir.

Cependant, l’ego des candidats semble entraver cette union, chacun aspirant à être à la tête d’une éventuelle coalition. Maurice Kamto a souligné qu’il serait préférable de désigner le leader de la coalition parmi les candidats les plus expérimentés dans la gestion de l’État. Alors que le temps passe et qu’aucune mesure concrète n’est encore prise, certains continuent de penser que faire confiance à la seule femme parmi les hommes pourrait offrir une solution viable.
Patricia Tomaïno Ndam Njoya propose ainsi une vision où l’expérience et la représentation féminine pourraient jouer un rôle clé dans l’avenir du pays.
Abdoulaye Raman
