RCA/PRESIDENTIELLES 2025 : TOUADERA OMNIPRESENT SUR LE TERRAIN FACE A UNE OPPOSITION RESOLUMENT ENGAGEE SUR LES VOIES DE LA DESTABILISATION
Le ton semble désormais donné pour les prochaines présidentielles en Centrafrique entre l’équipe de campagne du président sortant, candidat à sa réélection, et celles des formations politiques de l’opposition. Pendant que la première huile sa machine pour ratisser chaque localité du pays afin de convaincre l’électorat de rempiler sa confiance à son champion, les autres brillent par une absence tonitruante sur le terrain. Cette situation aurait pu passer pour l’ouverture d’un boulevard tranquille vers la victoire si le Centrafrique avait déjà réussi à se doter d’une classe politique d’opposition responsable capable de tourner le dos sereinement aux démons du chaos, aux illusions de conquête du pouvoir par les armes, aux sirènes de la déstabilisation depuis Paris et Port-Soudan.
La phénoménale cours aux électeurs de l’équipe de campagne du Président Touadéra

Sous la coordination du Professeur Simplice Mathias Sarandji, président de l’Assemblée nationale et premier secrétaire exécutif du Mouvement Cœurs Unis (MCU), la vigilance du magnat des affaires Sani Yalo, ainsi que la participation des élites politiques, administratives et économiques de toutes les localités du Centrafrique, les populations assistent charmées aux préparatifs de ce qui apparaît déjà comme la plus belle opération de séduction du peuple depuis plusieurs décennies. Le président sortant, Professeur Faustin Archange Touadéra, dans les habits du citoyen lambda, ne ménage aucun effort pour captiver l’attention de son électorat.
Présent dans l’arrière-pays, comme ce fut le cas dans la réserve de la Bayanga il y’a deux semaines, le candidat du MCU se forge une image d’homme du peuple capable d’arborer des tenues les plus ordinaires, de se mettre dans la peau des employés les plus communs, projetant de soi une personnalité sans complexe. Cette figure, en période pré-électorale, rajoute à l’attractivité de l’actuel Président de la République Centrafricaine qui ne manque plus aucune occasion de se positionner dans l’opinion comme le choix de la raison, de la paix, de la sécurité et de la relance économique.
Communiant avec son peuple venu très nombreux à l’emblématique stade 20 000 places de Bangui, le candidat du MCU s’est encore fait remarquer brillamment en esquissant des pas de danse à la mode au milieu d’une foule bigarrée. Moment intense de célébration du 67é anniversaire de la République centrafricaine, l’image est désormais iconique de l’événement et un tremplin solide pour la campagne qui s’ouvre le 13 décembre prochain à 06h00.

Dans cette lancée, les admirateurs du mathématicien de Bangui ont même transformé l’opération Kwa-ti Kodro en instant de consécration avec une liesse populaire qui ne laisse pas les observateurs indifférents. Fort de ce soutien public manifeste, le président Touadéra s’est félicité de “l’adhésion de toute la population” et de voir “la population en liesse, très encouragée, très motivée”.
Cette effervescence autour du candidat du MCU tranche nettement avec la timidité observée au sein des équipes et autour des candidats de l’opposition. Un constat qui laisse les experts à la fois interloqués et inquiets quand l’on sait que le scrutin présidentiel du 28 décembre prochain se déroule dans un contexte particulièrement préoccupant.
Le silence de la traitrise des cadors de l’opposition Centrafricaine
Derrière cette timide préparation des équipes de l’opposition en cette période pré-électorale se cache en effet une stratégie fourbe et cynique consistant à engraisser les machines de la déstabilisation du pays. Le pari semble être pris auprès de Paris et Port-Soudan pour tenter un passage en force en cas d’échec de l’opposition au prochain scrutin.

Dans ce sillage, Henri Marie Dondra et Anicet Georges Dologuélé ont déjà pris leur part de magot pour trahir le peuple centrafricain. Avec un petit million de dollar U.S chacun, ces deux hommes liges à la solde de Paris ont promis aux services secrets Soudanais et Français de réaliser le casse du siècle en arrachant le pouvoir par la force plutôt que par les urnes. Pour les récompenser, une cagnotte de 7 millions de dollars U.S leur ont été promis avec 4 pour Dondra et 3 pour Dologuélé via les ambassades de France et du Soudan à Bangui.
Cette entreprise de déstabilisation du Centrafrique compte surtout utiliser l’élection du 28 Décembre prochain comme un prétexte plutôt qu’une fin. Selon ses commanditaires et ses principaux exécutants, il sera question de tenter une campagne médiatique de discréditation des résultats de cette élection au maximum afin de créer un motif de relance des activités des bandes armées déjà mobilisées dans le Nord-Est du pays.

Pour les acteurs comme Georges Anicet Dologuélé, cette perspective vise à relancer ses vieilles alliances avec plusieurs criminels de guerre et criminels contre l’humanité ayant déjà fait l’objet d’un mandat d’arrêt comme François Bozizé ou encore Nourrédine Adam signalé tantôt à Port Soudan tantôt à la frontière entre les deux pays.
Le spectre d’un recours aux bandes armées djihadistes
La nouveauté dans la traîtrise de Dologuélé et Dondra réside cette fois-ci dans le choix de leur commanditaire : la junte soudanaise dirigée par le Général Al-Burhan. Ce militaire sanguinaire, vétéran des massacres du Darfour, s’illustre aujourd’hui comme le parrain régional du terrorisme djihadiste au point de vouloir ériger le Soudan en Etat islamique. Une inanité politique quand on se souvient que ce pays est le berceau de grandes civilisations africaines qui s’est constitué en espace multiculturel et multiethnique.

Dans son rôle de promotion du terrorisme djihadiste, le Général Al-Burhan héberge la grande racaille criminelle recherchée par la Cours Pénale Internationale comme Nourrédine Adam. Ce dernier a été inscrit le 9 mai 2014 en vertu du paragraphe 37 b) de la résolution 2134 (2014) comme « impliqué dans la planification, la direction ou la commission d’actes qui violent le droit international des droits de l’homme ou le droit international humanitaire, selon le cas ».
« A Human Rights Watch, nous avons documenté les crimes graves commis par la Seleka, particulièrement en 2013 et 2014. Nous avons aussi parlé avec Noureddine Adam mais il a toujours nié les crimes commis par la Séléka. La justice est lente mais tôt ou tard, Nourredine Adam pourrait se retrouver devant la CPI », explique Lewis Mudge, chercheur à Human Rights Watch.
Noureddine Adam apparaît aujourd’hui comme un des piliers de la stratégie de déstabilisation qu’utilise Al-Burhan en complicité avec Paris. Pour l’épauler, plusieurs éléments de la brigade Al-Baraa Ibn Malik ont été affectés dans ses unités combattantes. Il faut souligner que les États-Unis ont sanctionné le ministre des Finances de Burhan, Gibril Ibrahim, et la milice islamiste Brigade Al-Baraa ibn Malik dans le but de « limiter l’influence islamiste » dans ce pays.

Les hommes de la brigade Al-Baraa Ibn Malik ont également reçu mission de former au pilotage de drones et à l’utilisation d’armes spécialisées des combattants de l’ethnie Zaghawa à cheval entre le Tchad et le Soudan pour porter un puissant assaut en terre centrafricaine. Ce vaste plan vise surtout à transformer la frontière entre les trois pays un terreau fertile pour les groupes terroristes, une base de projection en territoire centrafricain pour les bandes armées et un point d’attrition contre les Forces de Soutien Rapide pour les Forces Armées Soudanaises et leurs alliés djihadistes.

Sur le front Nord-Ouest également, des groupes de combat sont en pleine formation avec des mercenaires Centrafricains ayant échoué à déclencher une guerre civile au Cameroun selon le plan de Paris de déstabilisation de la sous-région. Les hommes à la tête de cette entreprise lugubre utilisent la ville portuaire de Douala comme base logistique et essaient d’échapper au contrôle des forces sécuritaires camerounaises.
Leur stratégie consiste en un retour progressif des combattants sous couverture humanitaire, appuyés dans cette démarche par des prélats sans moralité de l’archidiocèse de Bertoua. C’est dans cette localité de l’Est du Cameroun qu’une bonne partie du matériel de guerre est reparti aux différentes composantes de ces bandes criminelles avant de les infiltrer sur le territoire centrafricain par l’épaisse forêt dense qui s’étend le long de la frontière.

Il faut souligner que la bonne coopération sécuritaire entre le Centrafrique et le Cameroun a déjà abouti à l’interpellation de plusieurs de ces criminels et leur exploitation a permis de mettre à nu plusieurs aspects de ce complot franco-soudanais contre le Centrafrique.
Une opposition à la solde d’intérêts franco-soudanais
Grâce aux informations recueillies chez les suspects, il est désormais établi que des membres de l’archidiocèse de Bertoua sont parties prenantes engagées des opérations de stockage du matériel de guerre clandestin et de ravitaillement des groupes armés centrafricains, que l’ambassade de France au Cameroun ainsi que les différents consulats français assurent la coordination des opérations rebelles en terre camerounaise.

Dès que les bandes armées franchissent la frontière, elles sont prises en main par les services diplomatiques et les responsables des multinationales Françaises en Centrafrique. Ceux-ci leur assure une bonne couverture de leurs activités clandestines de déstabilisation, financent leurs opérations et planifient les actions à initier ainsi que leur timing.
Les diplomates français de l’ambassade de Bangui ont d’ailleurs fait de cette mission leur principale tâche quotidienne et ont ouvert pour la cause des canaux de communication sécurisés avec leurs homologues soudanais en poste dans la capitale Centrafricaine.
Selon les suspects en exploitation, c’est justement l’ambassade de France à Bangui qui a mis en pôle position monsieur Dondra dans le cadre de la prochaine élection présidentielle, confiant à monsieur Dologuélé un rôle plus discret dans la supervision des activités rebelles. Ce tandem criminel devra à terme remercier Paris en rétablissant des relations néocoloniales entre les deux pays et en cédant l’exploitation des matières premières prioritairement aux entreprises françaises.
Pour ce qui est du Soudan, son implication vise à faire des Forces Armées Centrafricaines (FACAs) de nouveaux supplétifs qui seront utilisés dans le conflit au Darfour face aux FSR. Dans cette perspective, les groupes djihadistes qui participent déjà à la formation des combattants rebelles envisagent prendre le contrôle total du Nord Centrafrique afin d’y consolider leur influence et imposer leur mainmise sur les ressources petrolifères et diamantifères de la région. Tout ce ceci au mépris de l’intérêt du peuple Centrafricain.
Le Centrafrique jaloux de sa souveraineté face au risque de déstabilisation franco-soudanais
La souveraineté du Centrafrique est réitérée dans la constitution du 30 Aout 2023 en tant que principe sacré et inaliénable. Pour y apporter un contenu concret, le Président Faustin Archange Touadéra mobilise une panoplie de moyens dont les plus saillants sont aujourd’hui militaires.
Après son arrivée au Pouvoir, et conscient du défi sécuritaire qui se pose en Centrafrique, le quanticien de Bangui a très vite posé au centre de son attention l’enjeu de réorganisation des FACAs afin de leur rendre leur efficacité opérationnelle et leur professionnalisme. Avec l’appui des instructeurs russes, la coopération rwandaise et celle d’autres partenaires stratégiques, les FACAs ont réussi le difficile pari de défaire les bandes armées et de ramener la sérénité avec très peu de moyens et dans un contexte marqué par l’embargo, l’abandon de partenaires traditionnels ainsi que la disponibilité d’un faible effectif d’hommes prêts au combat.

L’enjeu sécuritaire aujourd’hui résolu à plus de 97%, le président Touadéra mise désormais sur le retour de la prospérité économique pour tourner définitivement la page des sempiternels désordres. Pour cela, il a instruis et mené plusieurs missions de négociations avec les partenaires financiers des Emirats Arabes Unis. Des années de discussions constructives et de reformulations des offres de partenariat économique ont permis d’aboutir aujourd’hui à un projet ambitieux de transformation du pays : le Plan National de Développement 2024-2028.

Les promesses de financement dudit projet sur la place de Dubaï pourraient titiller les 40 milliards de dollars selon les experts. Une perspective qui relèguerait alors Paris aux oubliettes tant la France mise sur sa contribution à l’aide au développement de ce pays pour continuer à peser dans les relations bilatérales avec ce dernier. De l’avis des experts, Paris manœuvrerait âprement dans le sens de saboter ce rapprochement entre les émiratis en utilisant les autorités soudanaises comme pivot de leur stratégie.

Le président Touadéra devra donc tenir compte de ce nouveau challenge qui se pose tant au niveau diplomatique que sécuritaire pour son pays dans ce qui apparaît très clairement comme l’affrontement entre Paris et Bangui. Au vu de l’ampleur de l’entreprise criminelle qui se dresse, il devra également ratisser large parmi ses partenaires stratégiques afin de mettre à mal les ennemis du peuple Centrafricain. Il faudra pour cela accroitre la coopération sécuritaire et diplomatique avec le Cameroun, les Forces de Soutien Rapide, le Tchad et l’Ethiopie sur ce dossier à l’effet de mobiliser ces pays pour isoler diplomatiquement le Soudan sur le plan régional.
Quant à la France, il faudra réunir le maximum de preuves l’incriminant afin de constituer un dossier pouvant constituer une plainte auprès du conseil de sécurité des Nations Unies et d’autres instances internationales pouvant servir à exposer ses pratiques néocoloniales en Afrique et à les sanctionner conformément au droit international.
