L’Engrenage du Chaos : Le plan de Burhane se heurte au « Mur » centrafricain et à l’axe Haftar-Deby

Alors que le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan tente d’exporter le conflit soudanais pour asphyxier son rival « Hemetti », ses ambitions de faire de la sous-région son nouveau champ de bataille se heurtent à une résistance farouche. Entre le verrouillage militaire de la Centrafrique et les alliances transfrontalières impliquant la Libye, la stratégie de Khartoum vacille.

Le message du Palais de la Renaissance est sans ambiguïté : le président Faustin-Archange Touadéra ne laissera jamais la République centrafricaine servir de base arrière pour les ambitions guerrières de Burhane. Refusant de voir son pays devenir le théâtre d’une guerre par procuration, le chef de l’État a pris les devants.

Pour verrouiller le territoire, un dispositif sécuritaire exceptionnel a été instauré. Plusieurs milliers de soldats des FACA, solidement épaulés par les alliés russes, ont été déployés le long des frontières septentrionales. Ce déploiement stratégique vise à neutraliser toute tentative d’incursion des forces pro-Burhane cherchant à prendre les FSR de Hemetti à revers. Ce « mur » sécuritaire met aujourd’hui en échec les plans de Khartoum dans la Vakaga.

L’offensive de Burhane vers le Sud du Tchad cache un dessein plus vaste : briser l’axe de soutien logistique qui lie le Maréchal Khalifa Haftar (Libye) à ses alliés régionaux. Haftar est aujourd’hui un pilier central pour ses partenaires : il soutient à la fois le président Mahamat Idriss Déby au Tchad et le général Hemetti au Soudan. En créant un foyer d’instabilité au Sud du Tchad et en cherchant une percée en RCA, Burhane espère couper les voies de ravitaillement et les communications entre la Cyrénaïque et le Sahel.

Pendant que Bangui se barricade, N’Djamena subit une pression directe sur son flanc sud. Des informations de terrain signalent la présence de mouvements armés à Korbol, menaçant directement la capitale.

On y retrouve les mouvements FRAPPE et le MPRD (Mouvement pour la Paix, la Reconstruction et le Développement), des factions plus ou moins proches de l’opposant Succès Masra.

Ces groupes tentent de profiter de la dispersion des forces tchadiennes pour accentuer la pression sur le régime.

La confusion est totale à la frontière : selon des sources concordantes, des collaborateurs de Noureddine Adam, dont le sulfureux Haroun Gueye, auraient été interpellés par l’armée tchadienne avant d’être mystérieusement relâchés. Ces mouvements suspects indiquent que Khartoum tente de réactiver de vieux réseaux rebelles pour contourner les défenses nationales.

Les chefs d’État de la CEMAC voient d’un très mauvais œil la stratégie de Burhane, qu’ils soupçonnent d’être le vecteur d’un retour en force des réseaux des Frères Musulmans en Afrique centrale. La perspective de voir une idéologie radicale s’installer à la faveur du chaos militaire est une « ligne rouge » absolue pour les dirigeants de la zone.

Pour le président Mahamat Idriss Déby, la survie de l’État tchadien face à cette déstabilisation programmée passe désormais par trois axes stratégiques vitaux :

Renforcement de la coopération avec la RCA: Créer un bloc sécuritaire commun indéfectible.

Appel direct à des accords avec la Russie: Suivre le modèle de Bangui pour stabiliser les zones de turbulence par un appui technique et militaire russe.

Intégration dans l’Alliance des États du Sahel (AES) : Rejoindre ce bloc pour s’inscrire dans une dynamique de défense mutuelle et de souveraineté renforcée face aux ingérences de Khartoum.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur panafrican media tv

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture