Congo : une croissance solide qui masque encore un défi majeur

Par Aymard Guinon | Panafrican TV Médias

À Brazzaville, le Comité National Économique et Financier (CNEF) a livré un diagnostic encourageant de l’économie congolaise. Autour du ministre des Finances Christian Yoka, en présence du Gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, les principales autorités économiques de la sous-région ont constaté une économie en reprise, soutenue par la vigueur des secteurs pétrolier et gazier.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au premier trimestre 2026, l’activité économique progresse de 10,6 %, tandis que l’inflation reste contenue à 1,4 %, un niveau largement inférieur au plafond communautaire fixé à 3 %. Les projections tablent désormais sur une croissance annuelle de 5,2 %, confirmant la dynamique de redressement du pays.

Le secteur bancaire accompagne cette évolution avec une augmentation de 13,5 % des crédits distribués et une baisse sensible des créances en souffrance. Ces indicateurs traduisent une amélioration progressive de la santé financière des établissements bancaires et une confiance retrouvée dans l’économie.

Mais derrière ces résultats positifs se cache une faiblesse structurelle : le financement à long terme reste quasi inexistant. À peine 2,4 % des crédits sont destinés aux investissements de longue durée. Or, sans financement durable, il est difficile de développer une industrie compétitive, de moderniser les infrastructures ou d’accompagner les entreprises créatrices de valeur. Conscient de cet enjeu, le CNEF a demandé l’ouverture d’une réflexion approfondie sur cette problématique.

Le Comité a également salué les réformes engagées par les autorités, notamment la mise en service du Bureau d’Information sur le Crédit, un outil appelé à renforcer la transparence financière, faciliter l’accès au crédit et améliorer l’inclusion financière.

Au-delà des statistiques, cette session du CNEF envoie un message clair : le Congo dispose aujourd’hui d’indicateurs macroéconomiques encourageants. Le défi n’est plus seulement de maintenir la croissance, mais de la transformer en investissements productifs, en diversification économique et en emplois durables. C’est à cette condition que les performances enregistrées pourront se traduire par une amélioration tangible des conditions de vie de la population.

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