BRÉSIL / ELECTION GÉNÉRALE : SCRUTIN DU 4 OCTOBRE, UNE ÉLECTION AUX ENJEUX MULTIPLES

Le 4 octobre 2026, près de 159 millions de Brésiliens seront appelés aux urnes pour une élection qui ne désignera pas seulement le prochain président de la première puissance d’Amérique latine. Le scrutin déterminera également la composition du Congrès, plusieurs gouvernements régionaux et une partie importante du pouvoir politique qui gouvernera le pays à partir de 2027. Derrière la confrontation entre Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro se joue donc une bataille beaucoup plus large : économie, sécurité, institutions, Amazonie, relations avec Washington et positionnement international du Brésil.

LULA FACE À FLÁVIO BOLSONARO

Le premier tour opposera notamment le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro.
Mais la compétition compte au total 13 candidatures présidentielles validées par le Tribunal supérieur électoral (TSE). Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue des suffrages valides, un second tour aura lieu le 25 octobre.
Le scrutin est donc loin de se résumer à un simple duel entre deux personnalités. Les Brésiliens voteront également pour renouveler une partie du Congrès, élire leurs gouverneurs et leurs représentants régionaux.

LE POUVOIR D’ACHAT ET L’ÉCONOMIE

L’économie sera au cœur du choix des électeurs. Inflation, coût de la vie, emploi, dette publique et dépenses de l’État constituent des dossiers sensibles. La Banque centrale vient encore de réduire son taux directeur, à 13,75 %, tout en maintenant une attitude prudente face aux risques inflationnistes. Le gouvernement Lula mise notamment sur les politiques sociales. En septembre, il a annoncé une hausse de 15 % du montant minimal de la Bolsa Família. La question économique sera donc centrale : quel équilibre entre protection sociale, discipline budgétaire et croissance ?

LA SÉCURITÉ ET LE CRIME ORGANISÉ

Autre préoccupation majeure : la sécurité. Le Brésil reste confronté à de puissantes organisations criminelles, au trafic de drogue et d’armes et au contrôle de certains territoires.
La lutte contre le crime organisé est devenue un thème important de la campagne et oppose différentes conceptions de la sécurité publique.
Le prochain gouvernement devra notamment déterminer comment renforcer la coopération entre l’État fédéral et les États fédérés, améliorer le renseignement et lutter contre le financement des réseaux criminels.

L’AMAZONIE : UN ENJEU BRÉSILIEN ET MONDIAL

L’Amazonie constitue probablement l’un des dossiers internationaux les plus importants.
La protection de la forêt, la lutte contre la déforestation illégale, les activités minières clandestines et les droits des populations autochtones concernent directement le Brésil, mais leurs conséquences dépassent ses frontières. La politique environnementale du prochain gouvernement sera particulièrement observée par les partenaires internationaux et les investisseurs.

LES PARTENAIRES INTERNATIONAUX ET LES INVESTISSEURS

Le Brésil devra également continuer à naviguer entre les grandes puissances.
Les relations avec les États-Unis sont actuellement marquées par des tensions commerciales. Le président Lula a annoncé cette semaine que le Brésil continuerait à privilégier les négociations avec Washington concernant les droits de douane américains. En même temps, la Chine demeure un partenaire économique majeur du pays.
À cela s’ajoute le rôle du Brésil dans les BRICS et dans ce que le gouvernement brésilien présente comme le « Sud global ». La prochaine administration devra donc répondre à une question stratégique : comment défendre les intérêts brésiliens entre Washington, Pékin et les autres centres de pouvoir ?

LE CONGRÈS SERA DÉTERMINANT

Un autre enjeu mérite une attention particulière : le Congrès. Le 4 octobre, les Brésiliens éliront également des sénateurs et des députés. Or, le président ne peut pas gouverner seul. Pour faire adopter son budget et ses réformes, il devra composer avec le Parlement.
La bataille législative pourrait dans ce sens être aussi importante que la présidentielle pour déterminer la marge de manœuvre du prochain gouvernement.

UNE ÉLECTION QUI DÉPASSE LE BRÉSIL

Avec son poids économique, démographique, agricole et diplomatique, le Brésil occupe une place particulière en Amérique latine.
Le résultat du 4 octobre prochain aura des conséquences sur l’économie, l’environnement, les relations avec Washington et Pékin, les BRICS et les équilibres politiques latino-américains.
C’est pourquoi cette élection mérite d’être suivie au-delà du seul affrontement Lula–Bolsonaro.
Le véritable enjeu est peut-être plus large : quelle place le Brésil veut-il occuper dans le nouvel équilibre mondial ?

Par Rosy Laure MONE

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