YVON SANA BANGUI : DE L’ABCA À L’IMA, UNE NOUVELLE RESPONSABILITÉ AU CŒUR DE L’INTÉGRATION MONÉTAIRE AFRICAINE
Après un mandat 2025-2026 marqué par plusieurs avancées à la tête de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA), le Gouverneur de la BEAC, Yvon SANA BANGUI, vient d’être désigné par ses pairs Président, à titre transitoire, du Conseil d’Administration de l’Institut Monétaire Africain (IMA). Une responsabilité stratégique au moment où l’Afrique accélère la construction de son architecture monétaire et financière.

Yaoundé, septembre 2026 — Ce n’est pas simplement la fin d’un mandat. C’est le passage d’une responsabilité continentale à une autre, au cœur d’un projet historique pour l’Afrique.
À Nairobi, où se sont tenues du 13 au 18 septembre 2026 les réunions annuelles de l’Association des Banques Centrales Africaines, Yvon SANA BANGUI a achevé son mandat 2025-2026 à la présidence de l’ABCA.
Le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale transmet désormais la présidence de l’Association au Gouverneur de la Banque Centrale du Kenya, Dr Kamau THUGGE, élu pour la période 2026-2027.
Mais Yvon SANA BANGUI ne quitte pas pour autant le premier cercle des grands chantiers monétaires africains.
Ses pairs l’ont désigné pour assurer, à titre transitoire, la présidence du Conseil d’Administration de l’Institut Monétaire Africain.
Et cette désignation est loin d’être anodine.
L’IMA, une étape vers la future Banque Centrale Africaine
L’Institut Monétaire Africain est appelé à jouer un rôle déterminant dans le processus d’intégration monétaire du continent. Il est notamment chargé de préparer progressivement les conditions devant conduire à l’avènement de la Banque Centrale Africaine (BCA).
Yvon SANA BANGUI se retrouve ainsi positionné au cœur d’un chantier qui dépasse largement le périmètre de la CEMAC et de la BEAC.
Il s’agit désormais de contribuer à la construction d’une architecture monétaire à l’échelle du continent : convergence macroéconomique, harmonisation des politiques monétaires, infrastructures financières, systèmes de paiement et gouvernance institutionnelle.
Selon le communiqué de la BEAC daté du 22 septembre 2026, le Conseil d’Administration inaugural de l’IMA devrait se tenir à Abuja, au Nigeria, en vue notamment de la nomination des administrateurs et de la désignation des membres du Bureau.

La séquence est donc particulièrement symbolique : après avoir participé à l’accélération de l’opérationnalisation de l’IMA à la tête de l’ABCA, Yvon SANA BANGUI est appelé à accompagner directement sa mise en place institutionnelle.
Un mandat ABCA appuyé sur des résultats mesurables
Le bilan présenté à Nairobi comporte plusieurs indicateurs significatifs.
En matière de convergence macroéconomique, 17 pays sur 53, soit 32,1 %, respectaient en 2025 les cinq critères de premier rang, contre seulement 12 pays en 2024.
Cette progression intervient dans un contexte africain pourtant marqué par des tensions économiques internationales, des contraintes budgétaires et monétaires ainsi que des incertitudes géopolitiques persistantes.
Sous la présidence de Yvon SANA BANGUI, l’ABCA a également enregistré des avancées dans l’harmonisation des cadres de politique monétaire.

Une feuille de route couvrant la période 2026-2030 a notamment été adoptée.
Une Task Force consacrée à la politique monétaire et à l’intégration, composée de deux groupes de travail, a également été mise en place afin de soutenir les travaux de l’IMA et de suivre les progrès accomplis dans le cadre du Programme de Coopération Monétaire en Afrique.
Autre étape majeure : les statuts de l’Institut Monétaire Africain ont été adoptés lors du Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine organisé en février 2026 à Addis-Abeba.
Le PAPSS, autre pièce du puzzle de l’intégration africaine
La transformation financière du continent passe également par sa capacité à faciliter les transactions entre économies africaines.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le développement du Système Panafricain de Paiement et de Règlement (PAPSS).
Le communiqué fait notamment état de l’adhésion de la BEAC et de la République démocratique du Congo au dispositif.
La cérémonie d’adhésion de la Banque Centrale du Congo a porté la couverture du PAPSS à 31 pays et 24 banques centrales membres, selon les chiffres communiqués par la BEAC.

Des conventions de coopération ont parallèlement été conclues avec plusieurs banques centrales africaines, notamment la BCEAO ainsi que les banques centrales du Rwanda, de Madagascar et de Djibouti.
Derrière ces accords se dessine progressivement une ambition beaucoup plus large : rapprocher les systèmes financiers africains et renforcer les capacités du continent à organiser ses propres échanges monétaires et financiers.
De Yaoundé à Nairobi, puis Abuja
La trajectoire institutionnelle mérite d’être observée.
À la tête de la BEAC, Yvon SANA BANGUI dirige une banque centrale couvrant six États de la CEMAC. À la présidence de l’ABCA, son périmètre d’action institutionnelle s’est étendu au dialogue entre banques centrales du continent.
Avec l’IMA, une nouvelle étape s’ouvre.
La question n’est plus seulement celle de la coopération entre institutions existantes. Elle touche désormais à la construction progressive d’une institution appelée à préparer la future architecture monétaire africaine.
Il convient toutefois d’être précis : la désignation de Yvon SANA BANGUI à la présidence transitoire du Conseil d’Administration de l’IMA ne signifie ni qu’une monnaie unique africaine est imminente, ni qu’il prend la tête d’une Banque Centrale Africaine déjà constituée.
Mais elle le place à une position institutionnelle particulièrement sensible dans la phase actuelle du processus.
Une reconnaissance de ses pairs
Le communiqué de la BEAC établit lui-même le lien entre cette désignation et le travail accompli durant la présidence de l’ABCA.
L’institution considère cette décision comme une reconnaissance des avancées enregistrées sous son leadership, l’opérationnalisation de l’Institut Monétaire Africain ayant constitué l’une des priorités de son mandat 2025-2026.
La portée de la séquence est donc forte.
Yvon SANA BANGUI quitte la présidence de l’ABCA, mais pas le chantier de l’intégration monétaire africaine. Il passe désormais de la conduite d’une organisation de coopération entre banques centrales à la présidence transitoire du Conseil d’Administration de l’institution chargée de préparer une nouvelle étape de cette intégration.
Dans une Afrique qui cherche à renforcer sa souveraineté financière, à développer ses propres infrastructures de paiement et à réduire certaines dépendances extérieures, la bataille de l’intégration ne se joue plus uniquement dans les discours.
Elle se joue désormais dans les institutions, les mécanismes de convergence, les systèmes de paiement et la capacité des États africains à construire progressivement une gouvernance monétaire commune.
Et sur ce chantier, Yvon SANA BANGUI vient de recevoir une nouvelle responsabilité de premier plan.
La présidence de l’ABCA s’achève. Le chantier de l’IMA, lui, commence.
