BÉNIN : PREMIÈRE VISITE EN FRANCE, ROMUALD WADAGNI SUR LES PAS DE TALON

La poignée de main entre Romuald Wadagni et Emmanuel Macron avait tout d’un symbole. Quatre mois après son accession à la présidence du Bénin, le nouveau chef de l’État béninois effectue sa première visite officielle à Paris et franchit les portes de l’Élysée.

Ce lundi, le président Wadagni a été reçu par Emmanuel Macron après avoir participé, la veille, au dîner de l’Africa-France Impact Coalition (AFIC) à l’Élysée. Le président français a présenté la relation entre les deux pays comme une relation « d’amitié, de confiance et d’ambition » et surtout comme une relation « d’égaux ».

Mais derrière le vocabulaire diplomatique, une question s’impose : qu’est-ce que cette égalité signifie concrètement pour le Bénin ?

SUR LES PAS DE PATRICE TALON

Romuald Wadagni n’arrive pas à Paris en parfait inconnu. Homme fort du système économique de Patrice Talon, Romuald Wadagni connaît très bien les couloirs de l’Élysée.

Ce déplacement, qui intervient dans un contexte de remise à plat des relations diplomatiques entre Paris et certains pays du continent africain, s’inscrit, par contre, dans une continuité diplomatique avec son prédécesseur. Prolonger et consolider la relation franco-béninoise constitue la véritable feuille de route du jeune président béninois.

WADAGNI ET LE TROMPE-L’ŒIL SOUVERAINISTE

Élu le 12 avril 2026 avec plus de 94 % des suffrages, le président Wadagni prend le pouvoir dans un contexte d’hostilité galopante avec les pays de l’AES, notamment le Niger.

Le président Tiani, dans de nombreuses sorties, va dénoncer le régime de Patrice Talon, qu’il présente comme le « pont avancé » de la menace terroriste instrumentalisée par Paris à ses frontières.

Même la construction d’un pipeline chinois destiné au transport du brut nigérien vers les côtes du Bénin ne va pas favoriser un retour au calme.

Dès son arrivée au pouvoir, le nouveau président béninois va se rendre dans plusieurs pays de la Confédération des États de l’AES. Une visite qui, loin de le ramener à des visées souverainistes, va exposer sa stratégie et exacerber les critiques au sein des cercles souverainistes du continent africain, mais aussi au sein d’une certaine opinion béninoise panafricaniste qui dénonce régulièrement la politique française dans leur pays.

QUID DE LA SÉCURITÉ AU SEIN DU BASSIN DU LAC TCHAD ?

Membre de la Force multinationale mixte (FMM) aux côtés du Tchad, du Nigeria et du Cameroun, Paris cherche à consolider sa présence au sein de cet espace stratégique aux richesses multiples.

Après avoir vu ses accords de défense rompus avec le Tchad, Paris a récemment manœuvré pour un retour plus discret, à la faveur notamment de la guerre au Soudan.

Le Bénin, qui reste l’une de ses portes d’entrée au sein de cette zone, constitue un atout certain pour Paris, qui doit également composer avec les enjeux liés aux minerais, aux terres rares et aux autres richesses hydriques de la région.

Un fait qui peut contribuer à expliquer la montée en puissance des groupes indépendantistes, notamment au Nigeria, ainsi que les nombreuses incursions du groupe terroriste Boko Haram dans le nord du Cameroun.

Malgré l’annonce récente de la création d’un BIR Lac Tchad par les autorités camerounaises, le vaste bassin du lac Tchad, qui couvre environ 2,4 millions de km², souffre encore de gros déficits en matière de sécurité.

Par Fabrice Ndoum

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