CUBA : 145 PAYS VOTENT À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU POUR LA LEVÉE DE L’EMBARGO DES ÉTATS-UNIS CONTRE CUBA

New York, 28 octobre 2026 – Pour la 34e année consécutive, l’Assemblée Générale des Nations Unies a voté à une écrasante majorité pour la levée de l’embargo américain contre Cuba. La résolution intitulée « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique contre Cuba » a été adoptée par 130 pays. À noter que le Maroc, est le seul pays arabe, africain et musulman à s’être opposé à la levée du blocus contre Cuba, qui s’est aggravé ces derniers mois.
LES CHIFFRES OFFICIELS DU VOTE
Le procès-verbal de l’ONU du 28 octobre 2026 fait état de : 130 voix POUR la levée de l’embargo, 17 voix CONTRE 25 abstentions, le reste des États membres n’ayant pas pris part au vote. C’est une victoire diplomatique pour La Havane. À titre de comparaison, Cuba avait obtenu 165 voix en 2025, 187 voix en 2024, et 191 voix en 2016, son record.
UN CONTEXTE D’AGGRAVATION SANS PRECEDENT
Ce vote intervient dans un contexte d’extrême tension entre Washington et La Havane. Depuis janvier 2026, les États-Unis ont imposé un blocus énergétique total à l’île. Toute livraison de pétrole vers Cuba est désormais passible de sanctions secondaires américaines. Conséquence directe : des coupures d’électricité de 12 à 18 heures par jour, des hôpitaux à l’arrêt, des pénuries d’eau potable. L’ONU a alerté sur plus de 100 000 interventions chirurgicales reportées.
Selon le rapport officiel présenté par Cuba à l’ONU, l’impact économique de l’embargo entre mars 2025 et février 2026 s’élève à 8,056 milliards de dollars, un record historique. Les pertes cumulées depuis l’instauration officielle de l’embargo le 3 février 1962 sous le Président John F. Kennedy sont estimées à plus de 178,7 milliards de dollars.
Le débat a été particulièrement virulent. Le Ministre cubain des Affaires Étrangères, Bruno Rodriguez, a dénoncé « des pressions cyniques, brutales, de véritables méthodes de chantage » exercées par Washington sur les États membres, avec des menaces de droits de douane et de retrait de visas.
L’Ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a répliqué en affirmant que « les souffrances du peuple cubain sont exclusivement la faute de ce régime communiste corrompu », niant l’existence même d’un blocus.
La tension a franchi un nouveau cap le 24 octobre dernier, lorsque le Secrétaire d’État américain Marco Rubio a appelé publiquement sur le réseau X, les Cubains qui souhaitent « un changement positif » à « s’associer discrètement avec la CIA ». La CIA a dans la foulée publié une vidéo en espagnol expliquant comment la contacter en toute sécurité.
UNE RESOLUTION SYMBOLIQUE
Il faut rappeler que cette résolution de l’Assemblée Générale n’est pas juridiquement contraignante. Elle ne lève pas l’embargo. Seul le Congrès des États-Unis a le pouvoir de le faire. Sa portée est avant tout morale et diplomatique. Mais elle mesure chaque année l’isolement de Washington sur ce dossier.
En fin il faut noter que, parmi les 17 pays ayant voté contre la levée du blocus, on retrouve les États-Unis, Israël, l’Argentine, l’Ukraine ou encore le Paraguay. Mais également le Maroc est le seul pays arabe, africain et musulman à s’être opposé à la levée du blocus contre Cuba, qui s’est aggravé ces derniers mois.
Par Rosy Laure MONE
