Carburants en CEMAC : acheter ensemble pour mieux se protéger

Raffineries fragiles, importations coûteuses : la BEAC encourage les États à coordonner leurs achats et à diversifier leurs fournisseurs, notamment auprès de Dangote au Nigeria.

La CEMAC produit du pétrole, mais reste dépendante des importations de carburants. La BEAC préconise une réponse commune : mutualiser les achats, diversifier les fournisseurs et renforcer le raffinage local, pour sécuriser l’approvisionnement et préserver les équilibres financiers de la région. (ecomatin.net⁠)

Quatre raffineries sous contrainte

Cameroun — SONARA : raffinage arrêté depuis l’incendie de 2019, reconstruction et restructuration financière nécessaires. (crtv.cm⁠, minfi.gov.cm⁠)

Gabon — SOGARA : production insuffisante. Selon la SGEPP, environ 60 % du carburant consommé est importé. (agpgabon.ga⁠)

Congo — CORAF : équipements vieillissants et rendement pénalisé par une adaptation insuffisante aux pétroles devenus plus lourds. (elibrary.imf.org⁠, gouvernement.cg⁠)

Tchad — Djermaya : une concentration du raffinage qui impose des stocks et des livraisons de remplacement pendant les arrêts d’entretien. (tchadinfos.com⁠)

Dangote : l’avantage de la proximité

Le choix de Dangote présente un atout logistique : depuis Lekki, près de Lagos, les ports de la CEMAC sont plus proches que depuis l’Europe ou d’autres grands centres mondiaux de raffinage.

Cette proximité peut raccourcir les trajets maritimes, réduire les coûts de fret et permettre un réapprovisionnement plus rapide. Elle offre aussi davantage de réactivité lorsqu’il faut reconstituer les stocks. Les gains réels dépendront des prix négociés, des navires disponibles et des conditions portuaires. (ecomatin.net⁠)

Le Cameroun a déjà engagé ce rapprochement : un accord prévoit que Dangote fournisse 50 % des produits raffinés destinés au marché national pendant trente mois, avec un transport maritime assuré par MRS jusqu’à Limbé. (connaissancedesenergies.org⁠)

La BEAC encourage la coordination

En regroupant leurs besoins, les États peuvent mieux négocier les volumes, les prix et le transport. La BEAC défend cette organisation commune, parallèlement à la modernisation des raffineries nationales. (ecomatin.net⁠)

Au Gabon, la nouvelle raffinerie de la SOGARA est annoncée pour 2030 : triplement des capacités nationales, réserves de 90 jours de consommation et approvisionnement des marchés voisins. (presidence.ga⁠)

Acheter plus près aujourd’hui, produire davantage demain : une stratégie à traduire en carburant disponible et en coûts maîtrisés.

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