CÔTE D’IVOIRE/DETTES PUBLIQUES : OUATTARA CHERCHE 400 MILLIARDS POUR REMBOURSER SES CRÉANCIERS
La Côte d’Ivoire a lancé une levée de fonds de 400 milliards de francs CFA sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) afin de restructurer une partie de sa dette publique.

Sur instruction du président Alassane Ouattara, le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a annoncé que cette levée de fonds débutera le 19 février 2025 et se clôturera le 4 mars 2025. L’opération se déclinera en deux émissions obligataires notamment 160 milliards de FCFA avec un taux d’intérêt de 5,9 % sur cinq ans et 240 milliards de FCFA avec un taux de 6 %, remboursables sur sept ans (2025-2032).
Face aux difficultés de remboursement d’anciens titres de créance, le gouvernement ivoirien propose aux créanciers notamment les banques, sociétés d’assurance, fonds de pension et investisseurs privés, un échange de dettes contre de nouvelles obligations.
Cette levée de fonds concerne environ trente emprunts et titres du Trésor et s’inscrit dans une stratégie plus large de restructuration de la dette ivoirienne.
De 2012 à fin 2023, la dette extérieure passe de 6000 milliards à 17524 milliards de FCFA

Sous la gestion éclairée de l’économiste, ancien fonctionnaire du Fonds Monétaire International ( FMI), ALASSANE OUATTARA, la dette extérieure de la Côte d’Ivoire est passée de 6 000 milliards de francs CFA à son arrivée au pouvoir à 17 524,3 milliards de francs CFA à fin 2023. Cette somme colossale représente 62,0 % de la dette publique totale, qui s’élève désormais à 28 268,5 milliards de francs CFA.
Au regard de la charge budgétaire grandissante, l’Etat de Côte d’Ivoire, au risque de créer une crise économique, a décidé de reechelloner une partie de sa dette qui arrive à échéance en 2025.
Le gouvernement ivoirien propose aux détenteurs de 30 emprunts obligataires (titres financiers émis par l’État pour emprunter de l’argent sur le marché) émis entre 2015 et 2024 de reporter leurs remboursements. Concrètement, les obligations arrivant à échéance en 2025 seront remplacées par de nouveaux titres d’une maturité (durée avant remboursement) de 5 et 7 ans, avec des taux d’intérêt (la rémunération que l’investisseur reçoit en échange du prêt consenti à l’État) respectifs de 5,90 % et 6 %.
Il faut rappeler que la Côte d’Ivoire fait partie des pays les plus endettés dans la Zone UEMOA.
BOUBAKARI KOUVOU
