TOGO / SÉNATORIALES : LE PARTI AU POUVOIR S’OCTROIE À NOUVEAU UNE VICTOIRE

Une victoire, telle une pilule difficile à avaler pour l’opposition Togolaise. Suite à la promulgation des résultats du scrutin sénatorial qui a consacré la victoire de l’Union pour la République, parti au pouvoir en tête de liste, l’opposition dénonce une manœuvre pour perpétuer la dynastie des Gnassingbé.

Les partis d’opposition et plusieurs organisations de la société civile décrient une réforme taillée sur mesure pour permettre au président Faure Gnassingbé de se maintenir au pouvoir au-delà de 2025. Chose rendue possible après modification de l’ancienne Constitution qui lui imposait un dernier mandat.

Ainsi la Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Togo a rendu public, en date du dimanche 16 février 2025, les résultats des premières élections sénatoriales organisées le 15 février en promulguant des statistiques provisoires qui confirment la suprématie du parti au pouvoir, Union pour la République (Unir), avec un actif de 34 sur 41 sièges en jeu. Selon le président de la CENI, Yago Dabré, sept sièges ont été octroyé à l’opposition, ainsi qu’à un indépendant. Chacune des formations d’opposition représentées ont obtenu un siège, il s’agit notamment de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), l’Union des Forces de Changement (UFC) et le Cercle des Leaders Émergeants (CLE). Le parti Bâtir quant à lui, se dégage avec deux sièges, tandis que deux indépendants intègrent également la chambre haute.

En mai 2024, la loi constitutionnelle a connu certaines réformes, instaurant ainsi un régime parlementaire, tout en supprimant l’élection du président au suffrage universel. Cette réforme stipule que, le chef de l’État sera élu par les députés et sénateurs réunis en congrès, tandis que le pouvoir exécutif reviendra au Premier ministre, qui doit être le leader du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Une situation que le parti de Gnassingbé justifie de transition par un renforcement de la représentation politique et une modernisation des institutions.

Par ailleurs, le système politique du Togo vibre sous un climat de tension criarde. Alors que Lomé entame sa phase de transition vers la Cinquième République. De ce fait, l’opposition et une partie de la population craint une nouvelle confiscation du pouvoir par Faure Gnassingbé, malgré les changements institutionnels annoncés.

Pour l’heure, les résultats définitifs sont encore en attente de validation par la Cour constitutionnelle. Par la suite le président nommera 20 autres sénateurs, complétant ainsi la composition des 61 sièges de la chambre haute. Une fois le Sénat en place, députés et sénateurs éliront le président de la République et le chef du gouvernement, selon les nouvelles dispositions constitutionnelles.

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