CAMEROUN : 350 PME DÉTRUITES, LE SYNDICAT DES CÂBLODISTRIBUTEURS INTERPELLE L’ÉTAT
Par la rédaction
Le conflit opposant depuis plusieurs années les câblodistributeurs indépendants à Canal+ connaît un nouvel épisode. Le Syndicat des câbleurs sous-traitants du Mfoundi (SYNCASTRAM), par la voix de son président, Fanga Faba André, dénonce ce qu’il présente comme une campagne de démantèlement systématique des petites entreprises de câblodistribution au Cameroun.

Selon le syndicat, les tensions remonteraient aux années 2004-2005, période correspondant à l’implantation de Canal+ sur le marché camerounais. Les câblodistributeurs expliquent que le développement de nombreux sous-traitants aurait progressivement échappé au contrôle de l’opérateur, entraînant une série de procédures de saisie contre certains acteurs du secteur.

Le SYNCASTRAM affirme qu’en 2008 plusieurs importantes têtes de réseau, notamment à Douala, Yaoundé et Bafoussam, auraient été visées par des opérations ayant provoqué une interruption de la diffusion des images auprès de nombreux abonnés. Le syndicat soutient que cette situation aurait conduit à un mouvement de grève et serait à l’origine de sa création afin de défendre les intérêts des professionnels du secteur.

Toujours selon le syndicat, des discussions auraient été engagées avec les autorités camerounaises à partir de 2010, notamment auprès du ministère de la Communication, tandis qu’un débat organisé à la CRTV aurait mis en lumière les divergences entre les différentes parties. Les représentants des câblodistributeurs affirment qu’une période d’accalmie aurait ensuite été observée.

Ils estiment cependant que la réglementation adoptée en 2015 sur la câblodistribution aurait profondément modifié l’organisation du secteur, en limitant le rôle des sous-traitants et en renforçant celui des principaux distributeurs. Le syndicat indique avoir multiplié les démarches auprès du ministère de la Communication, du ministère des PME ainsi que des services du Premier ministre afin de faire entendre ses préoccupations.
Le SYNCASTRAM accuse également Canal+ d’engager des procédures judiciaires fondées sur des soupçons de piraterie audiovisuelle. Selon le syndicat, ces procédures seraient suivies d’opérations de saisie menées avec le concours des forces de sécurité. Les responsables syndicaux affirment que ces interventions auraient entraîné la fermeture ou le démantèlement de plus de 350 PME régulièrement constituées. Ces affirmations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante.
Le syndicat soutient en outre que les équipements de certains distributeurs, notamment des décodeurs de marques telles que Creolink ou Sweecom, auraient été bloqués. Il affirme enfin avoir reçu, le 23 juin, une notification du Conseil national de la Communication (CNC), qu’il interprète comme un soutien à Canal+, et met en cause l’impartialité de cette institution. Là encore, ces accusations reflètent la position du syndicat et n’ont pas été corroborées par des décisions de justice ou des éléments indépendants.
Interrogés par le syndicat, plusieurs responsables affirment attendre une meilleure protection des petites et moyennes entreprises camerounaises exerçant dans le secteur de la câblodistribution. Ils appellent les autorités à ouvrir un dialogue entre les opérateurs, les pouvoirs publics et les représentants des professionnels afin de trouver une solution durable.
Droit de réponse
Au moment de la publication, les positions de Canal+, des sociétés citées, du Conseil national de la Communication et des autorités concernées n’ont pas été recueillies. Conformément aux principes du contradictoire, leurs observations et réponses pourront être publiées dès réception.
