
À New York, alors que les dirigeants du monde entier se réunissent à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies qui s’ouvre ce mardi 22 septembre, une question revient avec une importance croissante : quelle place l’Afrique doit-elle occuper dans le système international ?
Ce lundi 21 septembre, le président de la Commission de l’Union africaine, MAHMOUD ALI YOUSSOUF, et le secrétaire général de l’ONU, ANTÓNIO GUTERRES, ont coprésidé une réunion consacrée au renforcement de la coopération entre les deux organisations. Parmi les sujets abordés figurent la réforme de l’architecture financière internationale, la soutenabilité de la dette et la volonté de faire en sorte que l’Afrique tire davantage de valeur de ses minerais critiques.
UNE QUESTION FINANCIÈRE AVANT D’ÊTRE SEULEMENT DIPLOMATIQUE
Le poids politique d’un continent dépend aussi de sa capacité à peser sur les mécanismes économiques internationaux. Pour plusieurs pays africains, la question de la dette et de l’accès au financement demeure centrale. La réforme de l’architecture financière internationale discutée entre l’Union africaine et l’ONU traduit cette préoccupation. L’ objectif affiché est notamment de parvenir à un système permettant de mieux répondre aux besoins de développement du continent.
LE NOUVEAU POIDS DES MINERAIS CRITIQUES
Un autre sujet devient particulièrement stratégique : les minerais critiques.
La transition énergétique et le développement des nouvelles technologies augmentent l’importance de certaines ressources minérales.
L’Afrique dispose d’importantes réserves et capacités minières.
Mais disposer d’une ressource ne signifie pas nécessairement contrôler toute la valeur qu’elle génère.
Une grande partie de l’enjeu réside dans la transformation, l’industrialisation et la capacité à développer des chaînes de valeur locales. C’est précisément pourquoi la question des minerais critiques est désormais autant économique que géopolitique.
DE FOURNISSEUR DE RESSOURCES À ACTEUR STRATÉGIQUE ?
Pendant des décennies, une grande partie du débat sur l’Afrique a porté sur l’exploitation de ses matières premières. Le contexte international pourrait cependant pousser les États africains à poser une question différente : comment transformer les ressources du continent en instruments de développement et d’influence ? Cette question concerne aussi bien les minerais que l’énergie, l’agriculture, les infrastructures et les nouvelles technologies.
LE RÔLE DE L’UNION AFRICAINE
La coopération entre l’Union africaine et l’ONU reste également importante dans les domaines de la paix et de la sécurité.
La réunion du 21 septembre a réaffirmé l’importance du partenariat entre les deux organisations face aux défis sécuritaires du continent.
Mais l’influence africaine ne dépend pas uniquement de la coopération avec l’ONU. Elle dépend également de la capacité des États africains à coordonner leurs positions et à défendre collectivement leurs intérêts dans les grandes négociations internationales.
UN CONTINENT AU CŒUR DE LA COMPÉTITION MONDIALE
Les États-Unis, la Chine, l’Europe, la Russie, les pays du Golfe, l’Inde et d’autres acteurs, accordent une attention croissante à l’Afrique.
Cette situation crée des opportunités, mais elle pose également des défis.
Pour les États africains, l’enjeu sera de négocier leurs partenariats en fonction de leurs propres priorités : industrialisation, emplois, infrastructures, transfert de technologies, sécurité alimentaire et souveraineté énergétique.
En conclusion, l’Afrique ne manque pas d’atouts géopolitiques. La véritable question est désormais de savoir comment transformer ces atouts en influence durable. La discussion sur la réforme du système financier international et sur les minerais critiques montre que le débat sur la place de l’Afrique dans le monde ne concerne plus seulement la politique étrangère : il concerne directement le développement économique du continent.
Par Rosy Laure MONE
