Du PANAFRICANISME POLITIQUE AU PANAFRICANISME ÉCONOMIQUE : L’AFRIQUE APPELÉE À PRENDRE SON DESTIN EN MAIN.

Le panafricanisme doit désormais dépasser les idéaux de libération politique et culturelle pour s’imposer comme un véritable moteur de souveraineté économique et de prospérité collective en Afrique. C’est le principal enseignement de la table ronde organisée le 24 octobre 2026 à Douala par Globus International Expert Club, autour du thème « Développer l’Afrique par l’Afrique : le manifeste de la conscience économique ».

Réunissant plusieurs universitaires et chercheurs africains, cette rencontre a permis de réfléchir aux leviers susceptibles d’accélérer la transformation économique du continent. Les échanges ont notamment mis en lumière les principaux obstacles au développement de l’Afrique, parmi lesquels la dépendance aux matières premières, la faiblesse du commerce intra-africain, le déficit d’infrastructures, le manque de transformation locale et le chômage des jeunes.

Pour les intervenants, l’émancipation économique du continent passe avant tout par une transformation des mentalités et une prise de conscience collective. Dans cette perspective, le professeur Yvette Balana a souligné le rôle de la littérature africaine comme outil de décolonisation de la pensée économique et de remise en question des modèles de domination.

De son côté, le professeur Gervais Gnaka Lagoke, enseignant à Lincoln University aux États-Unis, a plaidé pour une économie inspirée de la philosophie Ubuntu, fondée sur la solidarité, la confiance et la responsabilité collective. Une approche qui, selon lui, peut favoriser l’entrepreneuriat social, la mutualisation des ressources et l’intégration économique régionale.

Le Dr Paul Mbake a, pour sa part, rappelé la vision de Kwame Nkrumah, selon laquelle l’indépendance politique demeure incomplète sans souveraineté économique. Il a ainsi appelé les dirigeants africains à renforcer leur unité pour transformer les immenses potentialités du continent en une prospérité inclusive et durable. La question de l’intégration sous-régionale en Afrique centrale a également été abordée par le Dr Mudoh Polycap Mudoh, qui a relevé les défis auxquels fait face la CEMAC. L’universitaire, qui reconnaît que le Cameroun est considéré comme la locomotive économique de la zone CEMAC, rappelle que le pays, au-delà de son rôle de leader fait également face à de nombreux défis en matière d’intégration régionale.

Autre priorité évoquée : l’industrialisation. Les participants ont insisté sur la nécessité de transformer les matières premières sur le continent afin de créer davantage de valeur ajoutée, de stimuler l’emploi et de limiter les sorties de capitaux. Le professeur Peter Baonhe Sop a également encouragé le développement de l’esprit entrepreneurial, estimant que l’innovation et la recherche de solutions aux problèmes quotidiens ne sont pas exclusivement réservées aux ingénieurs. Bien que le continent possède des ressources naturelles et minérales exceptionnelles, le secteur Industriel ne représente que 10,4% du PIB continental, et l’Afrique contribue à moins de 2% de la production manufacturière mondiale. L’industrialisation du continent selon les experts, represente un enjeu crucial pour sa transformation structurelle, la création d’emplois et la réduction de la dépendance aux exportations de matières premières.
Le Professeur Peter Baonhe Sop, également membre du panel, encourage les Africains à développer l’esprit d’entrepreneuriat. Professeur de génie mécanique à Nasjuit Vernon Nazarene University, Il soutient qu’il ne faut pas nécessairement être un ingénieur pour mettre sur pied des initiatives. Développer l’esprit d’entrepreneuriat, c’est avoir la capacité de chercher des solutions pour résoudre des problèmes. Et cela peut se faire dans plusieurs domaines.

À travers cette rencontre, les universitaires ont ainsi lancé un appel à une nouvelle forme de panafricanisme, davantage orientée vers l’action économique, l’intégration régionale et la valorisation des ressources locales. Une dynamique qui repose sur une conviction commune : l’avenir économique de l’Afrique doit avant tout être pensé et construit par les Africains eux-mêmes.

Organisée par Globus International Expert Club, dont la vocation est de donner la parole à des penseurs livres à travers le monde dans l’optique de partager des connaissances et des solutions aux problèmes majeurs de la planète, cette table ronde a tiré sa thématique de la récente thèse défendue par le Dr Michael Ndimancho Tarche, intitulé « Une représentation satirique des réflexions liées à la conscience noire « . Selon l’auteur et chercheur camerounais, il existe bel et bien une conscience noire. Loin d’être une idée abstraite, elle désigne une prise de conscience par les populations noires de leur dignité et de leur identité. Cette conscience noire s’est forgée dans des mouvements tels que le PANAFRICANISME.

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