Le Mali et l’AES : Debout malgré l’adversité
Par Mohamed Bachir Ladan / Panafrican Media
Alors que les nuages de l’instabilité semblent s’amonceler sur le ciel sahélien en ce mois d’avril 2026, une certitude demeure : la révolution malienne, loin de vaciller, puise dans l’épreuve une force nouvelle. Les attaques coordonnées du 25 avril dernier à Bamako et Kati ne sont pas seulement des actes de guerre ; elles sont le test ultime d’une vision souverainiste qui refuse de courber l’échine.
La résilience au cœur de l’épreuve

La vie d’une nation n’est pas un fil tendu ; elle est faite de vagues, de flux et de reflux. Si l’adversaire a cru porter un coup fatal en frappant le cœur du dispositif sécuritaire, il a surtout révélé la capacité de riposte des Forces Armées Maliennes (FAMa). Malgré les tensions à Gao et Mopti, le drapeau du Mali flotte toujours, porté par une armée qui ne combat plus pour des intérêts étrangers, mais pour l’intégrité de chaque centimètre carré de son territoire.
Sadio Camara : Le maître à penser de la dignité retrouvée

Le décès du Général Sadio Camara, confirmé ce lundi, laisse un vide immense, mais son œuvre, elle, est impérissable. Plus qu’un chef militaire, il fut l’un des véritables maîtres à penser de cette transition. Sa doctrine reposait sur un triptyque inébranlable :
- La Souveraineté de décision : Le droit pour le Mali de choisir ses alliés stratégiques, à l’instar de la coopération franche avec la Russie, pour une efficacité opérationnelle immédiate.
- L’Autonomie de défense : La transformation des FAMa en une force capable d’initiative, rompant avec des décennies de dépendance.
- L’Intégration Sahélienne : Architecte discret de l’Alliance des États du Sahel (AES), il a compris avant tout le monde que la sécurité de Bamako se joue aussi à Ouagadougou et à Niamey.
L’AES : Un destin lié

L’Alliance des États du Sahel ne sortira pas affaiblie de cette crise. Au contraire, le sacrifice de ses leaders forge une cohésion sociale et militaire sans précédent. L’appel à un sommet extraordinaire de crise est désormais l’étape logique pour peaufiner une stratégie conjointe de renseignement et d’équipement.
Le Mali et ses frères de l’AES ne sont pas seulement en train de mener une guerre contre le terrorisme ; ils mènent une révolution pour la dignité. Et comme chaque grand mouvement de l’histoire, c’est dans le feu de l’adversité que se scelle le destin des peuples libres.
Le Mali est debout. L’AES est en marche. L’histoire nous regarde.
